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Le réseau juif européen pour Israël, pour la paix
et pour la solution à deux Etats

Jewish European network for Israel, for peace
& for the two States solution

Version française (please see English version below)

Bibi Gantz Rivlin 1


Au sortir de la seconde campagne électorale en 5 mois, aucun des deux candidats au poste de Premier ministre n’est en mesure de former un gouvernement.
Netanyahou a reçu le soutien de 55 députés : les 32 du Likoud et ceux de ses « alliés naturels » – à savoir les deux partis ultra-orthodoxes et Yamina, une coalition de mouvements nationalistes et de mouvements religieux menée par Ayelet Shaked. Quant à Benny Gantz, il a le soutien de 54 élus : les 33 de sa liste Bleu Blanc, ceux des deux listes de la gauche sioniste – la liste Avoda-Gesher et le Camp démocratique né de la fusion du Meretz avec quelques personnalités issues du parti travailliste et Ehoud Barak et 10 sur les 13 députés élus de la Liste unie regroupant les 4 « partis arabes ». (C’est la première fois, depuis la formation du gouvernement dirigé par Yitzhak Rabin après l’élection législative de 1992, que des députés arabes soutiennent ainsi un candidat juif au poste de Premier ministre.) Entre ces deux blocs, Avigdor Lieberman, à la tête des 8 députés de sa liste Israël Beiténou, a choisi de ne soutenir aucun des deux candidats, fidèle à son projet d’un gouvernement dunion nationale laïque « sans les orthodoxes et sans les messianiques ».

Le Président Rivlin na pas réussi à convaincre Gantz et Netanyahou de s’entendre pour exercer à tour de rôle la fonction de Premier ministre d’un gouvernement « d’union nationale » - notamment parce que le chef du Likoud voulait imposer au sein de cette coalition la présence des partis religieux et que d’autre part Gantz refusait de siéger dans un gouvernement avec Netanyahou si ce dernier devait être mis en examen. Rivlin a donc été contraint de confier à Netanyahou le mandat pour former un gouvernement, car c’est lui qui a le soutien du plus grand nombre de députés. Selon la loi, le Président se doit de choisir le candidat qui a le plus de chances de réussir dans cette mission, même si la liste de celui-ci nest pas la plus grande. Netanyahou, avec le soutien de 55 députés contre 54 à Gantz, était donc le mieux placé, d’autant plus que les 10 députés de la Liste unie ont annoncé quils ne siègeraient pas dans un gouvernement Gantz et lui apporteraient un soutien de l’extérieur. Netanyahou dispose de 28 jours pour réussir, période qui pourrait si nécessaire être prolongée de 14 jours. En cas d’échec, le Président pourra confier ce mandat soit à Gantz soit à tout autre candidat qui, selon lui, serait susceptible dobtenir le soutien de 61 députés.

Va-t-on assister à la répétition de ce qui sest passé après l’élection d’avril 2019, lorsque Netanyahou avait échoué à former un gouvernement parce que Lieberman refusait de soutenir un gouvernement qui ne s’engagerait pas à imposer la conscription des jeunes Juifs ultra-orthodoxes? Netanyahou avait alors préféré appeler la Knesset à voter son auto-dissolution plutôt que de rendre son mandat au Président. La différence entre les deux situations découle des résultats électoraux. Si lon ne peut pas parler dun vainqueur, on peut sans aucun doute identifier un perdant. Netanyahou na pas réussi dans son pari dobtenir une majorité reposant sur les partis de droite et les partis ultra-orthodoxes. Entre les élections d’avril et de septembre, le bloc de droite a perdu 300 000 voix et le Likoud, qui avait fusionné cette fois-ci avec le parti Koulanou de Moshé Kahlon et la liste Zehout dirigée par Moshé Feiglin, na obtenu que 32 députés alors quavec ces partis il en avait 41 en avril les 35 du Likoud, les 4 de Koulanou et les deux potentiellement gagnés par Zehout qui navait pas réussi à franchir le seuil électoral. Plus quà une victoire du bloc de gauche (qui sest renforcé entre les deux élections, gagnant 80 000 voix hors partis arabes) on a plutôt assisté à une défection de l’électorat du Likoud, malgré tous les efforts de Netanyahou qui a multiplié les coups médiatiques et les promesses. Après 10 ans de « Bibisme », qui est la version israélienne de la vague populiste auquel on assiste ces dernières années dans beaucoup de pays, il semble quune majorité d’Israéliens aspire à un changement. Ils ne veulent plus vivre dans ce climat dattaques continues dirigées contre la gauche, les Arabes, les médias, les juges ou les policiers que Netanyahou accuse de collusions contre lui à cause de ses « affaires » judiciaires.

L’autre enseignement de ces élections est la forte mobilisation de l’électorat arabe qui a progressé de près de 40 %, ce qui sest traduit par l’élection de 13 députés contre 10 en avril. Ce sursaut a été sans aucun doute une réaction à la campagne dincitation à la haine anti-arabe menée par le Likoud, qui na pas obtenu de la commission électorale lautorisation de placer dans les bureaux de vote des localités arabes des observateurs partisans munis de caméras. Mais cette mobilisation électorale témoigne surtout dun changement radical dans la position des citoyens arabes dIsraël à l’égard de lÉtat. Plusieurs sondages et enquêtes dopinion montrent en effet que les Arabes israéliens souhaitent s’intégrer au pays, et qu’ils sont plus préoccupés par l’amélioration de leur quotidien que par la situation dans les territoires. Selon une enquête publiée par l’Institut Israélien de la Démocratie, 76 % des électeurs arabes souhaitent que leurs représentants participent au gouvernement (parallèlement, on constate une baisse de la résistance des électeurs juifs, qui ne sont plus que 50 % à s’y opposer contre 66 % en 2017).

Les prochaines semaines vont être riches en rebondissements et les scénarios potentiels sont nombreux, dignes de la série « House of Cards ». Gantz a fait le pari que Netanyahou ne réussira pas à débaucher des députés des autres listes pour atteindre la majorité des 61 soutiens dont il a besoin. Il espère que suite à cet échec, et après la mise en examen de Netanyahou attendue prochainement, certains des « alliés naturels » du Premier ministre le lâcheront. Peut-être assisterons-nous même à une implosion du Likoud, où certains candidats à sa succession ne craindront plus de se déclarer ? Gantz pourrait être alors en mesure de constituer un gouvernement d’union nationale sans Netanyahou. Cependant, rien nest moins sûr. Il faut sattendre à ce que Netanyahou, qui nest jamais meilleur que quand il est acculé, se batte jusquau bout pour conserver son poste qui le protège dune éventuelle inculpation.

Israël réussira-t-il à éviter une troisième campagne électorale ? Le Président Rivlin a répété la nécessité d’éviter ce scénario, lors de son discours quand il a donné mandat à Netanyahou de former un gouvernement. Le public nen veut pas et le pays ne peut pas se permettre de prolonger cette campagne électorale dans laquelle il est depuis près dun an, alors que le déficit budgétaire dépasse les 15 milliards de shekels, que la situation sociale saggrave et que la région risque une fois de plus de sembraser avec le conflit irano-saoudien.

Espérons que le résultat de ces élections soit lannonce de la fin de l’ère de Netanyahou. Espérons que cette nouvelle année soit le début du changement quavec beaucoup dIsraéliens nous appelons de nos vœux et quenfin Israël puisse sengager dans une nouvelle direction.

Nous poursuivrons en 5780, grâce à votre soutien, notre action pour faire entendre la voix de la raison. Nous vous souhaitons Shana Tova à tous. Que cette nouvelle année vous apporte tout ce que vous souhaitez, et qu’elle soit – enfin – l’année de la paix.

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Au moment de vous adresser cette newsletter nous apprenons le décès du Président Jacques Chirac. Nous n’oublierons pas qu’il fut le premier président à reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des juifs et qu’il a toujours été très engagé dans la lutte contre l’antisémitisme et l’extrême droite.



Jeudi 3 octobre au Cercle Bernard Lazare à 20h30
Rencontre avec Tamar Sebok, correspondante permanente en France du journal israélien Yedioth Aharonoth.
Réunion organisée par le Cercle Bernard Lazare et La Paix Maintenant

NETANYAHU CHARGÉ DE FORMER LE GOUVERNEMENT
Pourquoi lui ? Le peut-il ? Quelle coalition ? Pour faire quoi ?

Le Président Reuven Rivlin vient de charger Netanyahu de tenter de former le nouveau gouvernement. Pourquoi celui qui est arrivé en seconde position mais qui bénéficie du soutien d’un député de plus que son adversaire a-t-il été choisi par le Président ? Quelles sont ses chances d’y parvenir? Dans quelle configuration? Pour mener quelle politique?


Cercle Bernard Lazare, 10 rue Saint Claude, 75003 Paris
Réservation : contact@jcall.eu
PAF : 5 euros, gratuit pour les adhérents à jour de cotisation
Pour continuer à aider tous ceux qui se battent en Israël à surmonter les peurs et les méfiances réciproques et redonner espoir pour un autre avenir aux deux peuples, nous avons besoin de votre soutien.

English version


Coming out of the second electoral campaign in 5 months, none of the two candidates for the position of Prime Minister is able to form a government.
Netanyahu got the support of 54 deputies: 32 from the Likud, and those of his "natural allies"—the two ultra-orthodox parties and Yamina, a coalition of nationalist movements and of religious movements led by Ayelet Shaked. As for Benny Gantz, he has the support of 54 elected deputies: 33 from his Blue-White list, those of the two lists of the Zionist left—the Avoda-Gesher list and the Democratic Union born of the merger of Meretz with a few leading figures from the Labour Party and Ehud Barak—and 10 out of the 13 deputies of the Joint List including the 4 "Arab parties". (It is the first time, since the formation of the government led by Yitzhak Rabin after the 1992 Parliamentary election, that Arab deputies support a Jewish candidate for the position of Prime Minister.) Between these two blocks, Avigdor Lieberman, leading the 8 deputies of his Israel Beitenu list, chose to support neither candidate, faithful to his project of a secular National Union government "without Orthodox or messianic members".

President Rivlin did not succeed in convincing Gantz and Netanyahu to reach an agreement in order to hold alternately the Office of Prime Minister of a "National Union" government —especially since the leader of the Likud wanted to impose the presence of the religious parties inside that coalition, and also because Gantz refused to sit in a government with Netanyahu in case the latter was indicted. Thus, Rivlin was compelled to grant him a mandate to form a government, since Netanyahu got the support of the larger number of deputies. According to the law, the President is required to choose the candidate most liable to achieve successfully this task, even if his list is not the largest. Netanyahu, with 55 deputies against Gantz's 54, was the best positioned, especially since the 10 deputies of the Joint List announced that they would not sit in a Gantz government and would support him from outside. Netanyahu has 28 days to succeed, plus 14 extra days if necessary. If he fails, the President will grant that mandate to Gantz or to any other candidate who, according to him, would be liable to get the support of 61 deputies.

Shall we see a repetition of what happened after the election of April 2019, when Netanyahu had been unable to form a government because Lieberman refused to support a government which would not be committed to implement the conscription of young ultra-Orthodox Jews. Netanyahu had then decided to ask the Knesset to vote its own dissolution instead of giving his mandate back to the President. The difference between the two situations lies in the election results. Strictly speaking, there is no winner, but it is quite easy to identify the loser. Netanyahu did not pass the challenge of getting a majority relying on the parties of the right and the ultra-Orthodox parties. Between the elections of April and September, the right block has lost 300 000 votes, and the Likud, that had merged this time with the Kulanu party of Moshe Kahlon and the Zehut list led by Moshe Feiglin, got only 32 deputies while, with the same parties, it had obtained 41 deputies last April—35 from the Likud, 4 from Kulanu and 2 possibly won by Zehut which could not cross the electoral threshold. Rather than a victory of the left block (that got stronger between the two elections, gaining 80 000 votes, not even counting the votes of the Arab parties), what happened was a defection of the Likud voters, in spite of all the efforts of Netanyahu who multiplied media stunts and promises. After 10 years of Bibism—the Israeli version of the populist wave we have been witnessing in many countries these last few years—, it seems that most Israelis aspire to a change. They do not want to live any more in that climate of continuous attacks against the left, the Arabs, the media, the judges or policemen Netanyahu accuses of collusion against him because of the legal cases he is involved in.

Another lesson of those elections is the important mobilization of the Arab electorate that increased roughly by 40%, and resulted in the election of 13 deputies instead of 10 in April. That surge in Arab voters has probably been a reaction to the hate campaign led against Arabs by the Likud which was not allowed by the electoral committee to put partisan observers with cameras in the polling stations of Arab localities. But that mobilization of the electorate is above all a token of a major change of the position of the Arab citizens of Israel with regard to the State. Several polls and opinion surveys show that Israeli Arabs wish to become integrated in the country, and that they are more concerned by the improvement of their everyday life than by the situation in the West Bank. According to a survey published by the Israel Democracy Institute, 76% of the Arab voters wish their representatives to participate in the government (at the same time, there is a decrease of resistance among Jewish voters: only 50% are opposed to that participation, against 66% in 2017).

The next weeks wil be eventful and the potential scenarios are numerous, worthy of the series "House of Cards". Gantz is betting on Netanyahu's failure to poach deputies from other lists in order to get the majority of 61 backers he needs. He hopes that after that failure, and after Netanyahu's indictment (expected in the next few weeks), a number of the Prime Minister's "natural allies" will drop him. The Likud might even implode, in which case some candidates to his succession wouldn't fear any more to declare themselves. Gantz would then be able to form a National Unity government without Netanyahu. However, nothing is sure. Netanyahu, who is at the top of his game when he is cornered, will probably fight to the end in order to maintain his position, which protects him from a would-be indictment.

Will Israel succeed in avoiding a third electoral campaign ? President Rivlin insisted on the necessity of excluding that scenario during his speech, when he granted Netanyahu a mandate to form a government. The people don't want it and the country does not have the means to extend an electoral campaign it has been involved in for about a year, while the budget deficit exceeds 15 billions shekels; moreover, the social situation is getting worse, and the region is in danger of flaring up once again because of the Irano-Saudi conflict.

We hope that these election results will announce the end of the Netanyahu era. We hope that this new year will see the start of the change we wish for like many Israelis, and that Israel will finally take a new direction.

In 5780, thanks to your support, we will pursue our action in order to make the voice of reason heard. We wish Shana Tova to all of you. May this new year bring you all that you wish for. May 5780 be—at last—the year of peace.

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Just before sending you this newsletter, we learned the death of President Jacques Chirac. We won't forget that he was the first French President to recognize France's share of responsibility for the deportation of Jews and that he was actively involved in the fight against anti-Semitism an extreme right.

To continue to help all the people in Israel fighting to overcome the fears and the mutual distrusts and to restore hope for a different future in both populations we do need your support.

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Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est une menace pour l’identité de cet Etat.
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