Ilana Cicurel : « Pour Israël la séparation du politique et du judiciaire est inscrite dans la tradition, il n’y a pas d’opposition entre la démocratie et la Thora »

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-CHRONIQUES POUR LA PAIX –

Au Parlement Européen de Bruxelles s’est tenue, le lundi 27 mars dernier, une grande manifestation qui se voulait un «APPEL A LA RAISON» pour sauver la démocratie israélienne. Ce nouvel appel a été lancé par les organisations JCALL, le Centre Communautaire Laïc Juif de Bruxelles et La Paix Maintenant.

En présence de plusieurs députés européens, des grandes voix se sont exprimées pour défendre les libertés : Robert Badinter, Tsipi Livni, Alain Finkielkraut, Elie Barnavi, Anne Sinclair, Dominique Schnapper, la chanteuse Noah, Maurice Levy, Patrick Glukman, le rav Rivon Grygier et Bernard Guetta qui accueillait la manifestation. 

ILANA CICUREL a participé, au premier rang, à ce grand rassemblement européen. Elle donne à PAUL OUZI MEYERSON son avis quant aux raisons et à l’importance de cette réunion de soutien aux centaines de milliers de citoyens israéliens mobilisés, depuis quatre mois, pour dénoncer un changement de régime « illibéral ».

ILANA CICUREL a été Directrice Générale de l’Alliance Israélite Universelle. Elle est députée européenne « Renaissance » depuis 2020 et membre de la délégation de l’Union Européenne pour les relations avec Israël.

 

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Ilana Cicurel apprécie que l’important meeting de soutien à la démocratie israélienne ait eu lieu au Parlement Européen et que ce soit JCall qui en ait pris l’initiative : «les membres de cette organisation sont des vrais amis d’Israël et ils ne peuvent rester silencieux quand ils sentent que ce pays prend des risques susceptibles d’oblitérer son avenir». La députée européenne constate qu’Israël est à un tournant de son histoire et que, dans ces conditions, il est nécessaire que les Juifs de diaspora répondent à la formidable mobilisation des citoyens de ce pays qui expriment leur attachement à la démocratie et à ses institutions. «Il en a toujours été ainsi, cela s’appelle la solidarité », souligne-t-elle. Pour la députée européenne cette solidarité juive fait pendant à la parole prophétique d’Isaïe : « pour l’amour d’Israël je ne me tairai pas ».

Ilana Cicurel considère que les interventions des orateurs de la réunion de solidarité avec la démocratie israélienne ont été d’une grande qualité, profondes et sincères. «Ils ont tous souligné que la réforme de la justice du gouvernement Netanyahou conduisait à une rupture radicale avec l’État de droit et qu’il ne s’agissait pas simplement d’une modification de règles» se souvient-elle. La députée européenne rappelle qu’elle même a s’est exprimée au sein du Parlement de Bruxelles pour demander au Premier ministre israélien de retirer sa réforme. «Je l’ai fait car j’estime qu’elle tourne le dos à la tradition démocratique du pays, celle inscrite dans la déclaration d’indépendance de 1948. Il y a des origines bibliques dans la démocratie israélienne, il n’y a pas d’opposition entre elles, la Thora et la sagesse juive. En vérité, la séparation entre le judiciaire et l’exécutif est inscrite dans la Tradition», dit-t-elle. Afin de soutenir ses affirmations, elle évoque soit la «Parasha Choftim» (les juges) (1) qui impose, en première instance, de créer un tribunal lorsqu’une ville est édifiée par un roi, soit la vocation des prophètes dont c’est le rôle de dénoncer l’omniscience du pouvoir politique.

Sur un autre plan, Ilana Sicurel tient à attirer l’attention sur le stratégique «Contrat d’association» qui lie l’Union Européenne et Israël. Il concerne les avantages de libre échange sur les mouvements commerciaux ; la recherche avec 1,1 milliard d’euros par an de subventions ; les échanges universitaires avec 1,8 million d’euros par an d’investissements dans l’éducation… Elle rappelle que l’Europe est le premier partenaire économique de l’État hébreu. Elle est persuadée «qu’Israël a intérêt à ce que ce Contrat d’association se poursuive et s’étende. Mais, les contrats de coopération liant l’Union Européenne aux pays à l’extérieur dépendent des valeurs démocratiques partagées. Il est légitime que les pays européens s’interrogent sur la nature politique des partenaires privilégiés qu’ils soutiennent. En cas de changement de régime il peut y avoir une remise en cause des accords. Heureusement, nous n’en sommes pas là avec Israël et je prie et me bat pour que cela ne se produise jamais ».

La députée européenne exprime sa fierté de voir qu’Israël possède une Cour Suprême «indépendante et qui garantit les droits fondamentaux des individus ainsi que l’égalité devant la loi. Ses décisions sont respectées par l’État et c’est une grande force pour la société et le pays». Ilana Sicurel a conscience que la situation dramatique avec les Palestiniens amène certains groupes politiques d’extrême-droite à vilipender cette haute juridiction lorsqu’elle prend une décision contre l’expulsion de familles palestiniennes ou contre l’extension des colonies. Mais, selon elle : «nous sommes le Peuple de la Loi, nous ne pouvons pas remettre en cause le Temple de la Loi».

 

(1) La parasha (hébreu. פרשה, « exposé », pluriel : parashiot ou parashiyyot) est l’unité traditionnelle de division du texte de la Bible hébraïque (TNKH). On lit et étudie une parasha spécifique à une époque précise de l’année juive.   

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