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Le 4ème tour sera-t-il le bon ?

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« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. ». Peut-on appliquer cette citation, attribuée à Albert Einstein, à la situation électorale en Israël ? Dans moins de deux semaines, les Israéliens vont se rendre aux urnes pour la quatrième fois en deux ans. Peut-on s’attendre à un résultat différent de celui des fois précédentes, qui n’avait pas permis de dégager une majorité stable pour gouverner le pays ? Cette fois-ci encore, deux camps s’opposent : celui des « pro Bibi » et celui des « anti Bibi ». A l’exception du Meretz, qui est le seul parti à affirmer son positionnement sur tous les sujets importants pour le pays – justice sociale, droits civiques, poursuite de l’occupation –, le débat dans les médias est atone et tourne autour de la capacité de chacun des opposants de Netanyahou à constituer une coalition alternative.

Ce quatrième tour se caractérise cependant par trois spécificités majeures par rapport aux fois précédentes qui peuvent faire la différence :

1. Alors que le bloc de droite « pro Bibi » fait le plein de ses voix en se rassemblant autour de quatre listes – le Likoud, les sionistes religieux (qui vont jusqu’aux kahanistes) et les deux partis orthodoxes –, le bloc du « centre gauche » est éclaté en plusieurs listes, entrainant un risque de perte de voix si l’une d’entre elles ne franchissait pas le seuil électoral de 4 députés.

2. La deuxième différence est la présence à droite de deux listes, au programme quasi identique, si ce n’est que l’une – Hatikva (le Nouvel espoir) –, créée par un dissident du Likoud, Guidéon Saar, s’est constituée sur le seul engagement à ne pas siéger dans un gouvernement avec Netanyahou, alors que la liste Yamina, dirigée par Naphtali Bennett, reste floue sur ses intentions de coalition.

3. Enfin, la troisième différence est le retrait du parti islamiste Raam de la Liste arabe unie, qui avec les trois autres partis « arabes »  – Hadash, Tal et Balad –, avait rassemblé 15 députés lors des élections précédentes. Courtisé par Netanyahou, le dirigeant de cette liste, Mansour Abbas, n’exclut pas la possibilité de soutenir la réélection du Premier ministre, laissant entrevoir une coalition pour le moins surprenante, allant des islamistes aux kahanistes !

Au vu des sondages actuels, le bloc des « pro Bibi » ne semble pas en mesure, même en lui adjoignant les voix de Yamina, d’arriver aux 61 députés nécessaires pour constituer une majorité. Quant au bloc opposé, même s’il arrive potentiellement à réunir plus de 61 députés, on imagine mal qu’il puisse rassembler une coalition allant de la Liste arabe unie jusqu’au parti Hatikva de Guidéon Saar. Beaucoup de scénarios sont possibles, et ils dépendront de la capacité des petites listes à passer le seuil électoral.

Un dernier mot sur Benny Gantz, qui au tour précédent avait été en mesure, pour la première fois depuis 2009, de menacer Netanyahou. Il est aujourd’hui très critiqué par ses électeurs pour avoir décidé en avril dernier (au motif de la crise sanitaire) d’entrer dans un gouvernement avec Netanyahou, bien qu’il se soit engagé à ne pas le faire. Mais il mène ces derniers mois une campagne très dynamique, faisant valoir qu’il a réussi à protéger la démocratie israélienne des projets de Netanyahou et de la droite. Alors qu’une pétition d’anciens hauts gradés de l’armée lui demande de se retirer, afin de ne pas risquer de faire perdre des voix au centre gauche, Benny Gantz, au vu des derniers sondages, semble retrouver le soutien d’une partie de son électorat et pourrait passer le seuil fatidique des quatre députés.

Les études sociologiques montrent que les Israéliens votent généralement en fonction de leur appartenance à une « tribu ». Cette fois-ci, avec la diversité des offres à droite comme au centre, il est difficile de faire des prévisions. De plus, la plupart des sondages montrent qu’une partie importante du public est encore indécis et qu’il devrait ne se décider qu’en dernière minute (plus de 10 %). Nous verrons, alors, si le résultat confirmera ou infirmera la phrase d’Einstein.

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