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Une grande voix de la gauche sioniste s’est éteinte

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Zeev Sternhell est décédé dimanche dernier.
Militant infatigable de la paix, archisioniste comme il se qualifiait lui-même, Zeev Sternhell était un de nos parrains. Historien, notamment du fascisme français, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Zeev Sternhell fut lauréat en 2008 du prix Israël pour ses travaux en science politique.
Né en 1935 à Przemysl en Pologne dans une famille juive galicienne, Zeev Sternhell était un rescapé de la Shoah. Orphelin, il avait été envoyé en 1946 chez un oncle à Avignon, où il avait repris ses études et appris le français. En 1951, il a émigré en Israël, où après avoir été élève dans une école agricole et séjourné dans un kibboutz, il a fait ses études à l’université de Jérusalem.
Officier dans les blindés, vétéran des guerres d’Israël, il a fini l’armée avec le grade de lieutenant-colonel de réserve.

Fondateur de La Paix Maintenant (Shalom Arshav), il n’ a eu de cesse de combattre l’occupation et d’alerter ses concitoyens contre les conséquences de celle-ci sur la société israélienne. Blessé légèrement par une bombe placée devant sa porte par un extrémiste juif, il dit ensuite que « cet acte nous enseignait la fragilité de la démocratie israélienne. »

Voici un extrait d’une de ses dernières interviews accordée en 2019 à Haaretz, dont il était un des chroniqueurs attitrés :

« Je ne suis pas venu en Israël pour vivre dans un État binational. Si j’avais voulu vivre en tant que minorité, j’aurai pu choisir des endroits où il est plus agréable et plus sûr de le faire. Mais je ne suis pas non plus venu en Israël pour devenir un colonisateur. Pour moi, un nationalisme qui n’est pas universaliste et qui ne respecte pas les droits des autres est un nationalisme dangereux. C’est pourquoi je pense que le temps presse. Nous n’avons pas de temps. Ce qui m’inquiète, c’est que la vie agréable que nous menons ici, l’argent, le marché boursier et les prix de l’immobilier comparables à ceux de Manhattan créent une terrible illusion.

Ma génération, qui est celle de la première décennie de l’existence de l’État, pour laquelle cette réalité est un miracle en soi, est en train de quitter peu à peu la scène. Pour nous, voir ce qui se passe est une tragédie. Pour moi, c’est la fin du monde. Chacun veut assurer l’avenir de ses enfants et de ses petits-enfants. En tant que citoyen je veux assurer l’avenir de la société où je vis. En tant que personne je désire laisser quelque chose, une trace de mon passage. Je veux être sûr, quand je partirai, que mes filles et mes petites-filles continueront de mener une vie normale ici. Nous ne souhaitions rien de plus. Mais aujourd’hui, je ne vois aucune garantie de cette sorte. L’avenir de mes filles et de mes petites-filles est loin d’être assuré. Et c’est ce qui m’obsède. Ce qui m’obsède, c’est de savoir que ce qui existe aujourd’hui pourrait s’écrouler demain ».

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