Conférences

Regards sur la déclaration Balfour

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Nous vous invitons à participer à la réunion organisée par La Paix Maintenant lundi 23 octobre à 20h30 dans les locaux du cercle Bernard Lazare. Au moment de l’anniversaire controversé de la Déclaration Balfour, elle reçoit Philippe Boukara* qui nous fera partager son

Regard sur la déclaration Balfour

Dans une lettre ouverte à sir James Rothschild, le ministre des Affaires étrangères britannique, sir Arthur Balfour, énonçait :

Cher Lord Rothschild,

J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’égard des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

Arthur James Balfour

Selon les principes impérialistes alors en vigueur voulant que n’importe quel État puisse entrer en guerre et envahir le pays de son choix, puis décider de son sort, la déclaration Balfour a force légale. « L’importance de la déclaration repose tout d’abord, et surtout, sur le fait qu’elle fut le fondement juridique des exigences sionistes en Palestine » écrivait Edward Saïd, membre du Conseil national palestinien, en 1979.

La déclaration fut adressée au peuple juif, qui n’habitait pas le pays à l’époque. C’est pourquoi les Juifs la considèrent politiquement comme de première force à l’appui de leur revendication de foyer national ; les Palestiniens, pour leur part, y voient le point de départ du conflit et de la colonisation dont ils sont l’objet.

On peut ainsi lire dans la Charte nationale palestinienne de 1964 : « Le Conseil constate que l’agression contre la oumah [“patrie”, ou plutôt littéralement ”matrie”] et sa terre commença en 1917 » ; tout comme on put entendre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies le jeudi 22 septembre 2016 le président Ma’hmoud Abbas, confronté au blocage du processus de paix initié à Oslo, accuser le Royaume-Uni d’avoir commis un « acte infâme » par cette déclaration – avant de réclamer qu’il présente ses excuses au peuple palestinien « pour les catastrophes, les misères et les injustices que cet acte a générées », précisant que leur amendement passe par la reconnaissance de l’État palestinien.

◊  CBL, 10 rue Saint Claude, Paris 3 (M° St Sébastien-Froissart).

    PAF 5 € ; Entrée gratuite pour les adhérents à jour de leur cotisation.

*  Historien, spécialiste du judaïsme contemporain et coordinateur de la formation au Mémorial de la Shoah.

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