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 Avec 29 à 30 sièges à la Knesset contre 24 à l’Union sioniste (centre gauche), le Likoud est le vainqueur surprise des dernières élections israéliennes. Benjamin Netanyahou qui entamera son quatrième mandat semble parti pour rester au pouvoir encore longtemps.

Certes, l’Union sioniste, le cartel formé du Parti travailliste et des centristes regroupés autour de Tzipi Livni, a réalisé un excellent résultat en gagnant trois sièges par rapport aux élections de 2013. Mais c’est bien le Likoud, que l’on disait en perte de vitesse, qui a réalisé une performance inédite dans l’histoire politique israélienne : gagner de quatre à six élus en quelques jours.

Cet exploit, il le doit à Benjamin Netanyahou et à lui seul, car le Premier ministre est un vieux routier de la politique. Il connaît bien « son public » et les mille manières de le séduire. A la fin de la campagne électorale, alors que les sondages annonçaient une victoire de l’Union travailliste, il a donc lancé un « blitz » censé susciter la peur parmi ses électeurs potentiels. Il a, entre autres, accusé « des pays de l’Union européenne de dépenser des millions pour le faire tomber et pour faire revenir la gauche au pouvoir ». En outre, il a brandi avec plus de vigueur que d’habitude la menace du Hamas, de Daesh et du Hezbollah « à quelques kilomètres de Tel-Aviv ». Cela, en promettant qu’« il n’y aura pas d’Etat palestinien » s’il revient au pouvoir. Résultat ? 29 à 30 sièges au soir du 17 mars au lieu des 20 à 22 annoncés.

Ce faisant, Netanyahou a cannibalisé les voix des autres formations de droite et d’extrême droite. Le « Foyer juif » de Naftali Benett a donc dégringolé de 12 à 8 sièges et « Israël notre maison » (Avigdor Lieberman) de 13 à 6 mandats.

Quoi qu’il en soit, en ajoutant les sièges de ces partis à ceux du Likoud, des formations ultra-orthodoxes (14 sièges) et du parti de la droite sociale « Koulanou » (10 sièges), Netanyahou dispose d’une majorité de 67 députés sur les 120 que compte la Knesset. Il ne devra donc pas attendre bien longtemps pour se succéder à lui-même, puisque les négociations ont débuté et que son entourage parie sur un accord gouvernemental « dans environ trois semaines ».

Selon ses proches, le Premier ministre s’oriente vers la formation d’une équipe musclée refusant la reprise de négociations avec l’Autorité palestinienne (AP) et prête à poursuivre la colonisation de la Cisjordanie ainsi que de Jérusalem. « Nous avons gagné contre tout attente », a d’ailleurs déclaré Netanyahou peu après la confirmation de sa victoire. « Nous allons créer un gouvernement fort et stable qui saura défendre les intérêts d’Israël en tenant compte des problèmes économiques et sociaux de la population ».
La « révolution » n’aura pas lieu

Certes, de son côté, le tandem Herzog-Livni a entamé des consultations avec quelques formations centristes ou partis sociaux afin d’explorer les possibilités de créer malgré tout un cabinet de centre gauche. « J’appelle tous les partis sociaux à s’unir derrière nous pour constituer un gouvernement qui apportera un véritable changement, qui apportera des solutions aux problèmes de logement et du coût de la vie », a affirmé Herzog une heure après la proclamation des résultats. Mais aucun chroniqueur politique ne croît sérieusement à son initiative.
« De quelque manière que l’on tourne les chiffres, l’on constate que les chiffres sont défavorables à la gauche », explique le commentateur Amit Segal. « Il est donc inutile de se bercer de rêves, la « révolution » promise par Herzog et Livni n’aura pas lieu. Du moins, pas cette fois ».

A Ramallah, l’AP qui a soutenu en coulisses la campagne de la Liste unitaire arabe (14 sièges), un cartel électoral regroupant les quatre principaux partis arabes israéliens, n’espérait pas beaucoup du scrutin du 17 mars. Mais ses responsables n’imaginaient pas qu’il se solderait par une victoire à la Pyrrhus de Netanyahou et une telle droitisation de la scène politique de l’Etat hébreu. Encore sous le choc, des cadres du Fatah évoquent d’ailleurs déjà le reprise des violences, voire une nouvelle intifada « puisqu’il n’y aura pas moyen de discuter avec les nouveaux dirigeants israéliens et que ceux-ci ne reconnaissent pas nos droits ».

Mercredi 18 mars 2015
Lior SEGAL pour le Centre Communautaire Laïque Juif de Bruxelles (cliquer pour lire l’article original)

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