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L’été est chaud, trop chaud !

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Faut-il y voir un lien avec la canicule ambiante ? Les dossiers « chauds » qui nous mobilisent depuis ces derniers mois semblent tous s’être donnés rendez-vous avec l’actualité au cœur de cet été. Certes, chacun de ces sujets nécessiterait de longues analyses, mais ils nous interpellent tous et JCall se doit de s’exprimer sur chacun d’entre eux.

  1. Les récents attentats en Tunisie, en France, au Koweït ou au Sinaï, nous rappellent la présence constante de la menace islamiste au Proche et Moyen-Orient ainsi qu’en Europe, d’autant plus qu’ils sont souvent commis par des jeunes musulmans d’origine européenne attirés par la progression continue de l’Etat islamique. Tous les spécialistes prévoient que cette guerre durera plusieurs années et qu’elle ne pourra être gagnée que si elle est menée, d’abord et avant tout, par les pays et régimes arabes dits « modérés » qui sont la cible première des salafistes. Sans dénier la menace réelle que Daesh fait peser aux frontières d’Israël, du Nord au Sud, cette confrontation offre une réelle opportunité pour Israël de changer la carte géopolitique de la région en tissant des relations y compris militaires avec ses voisins, ou en les renforçant quand elles existent déjà, pour les aider à faire face à ces menaces. A lire les articles parus dans la presse israélienne et internationale sur l’intensification de la coopération militaire avec l’armée égyptienne dans le Sinaï ou l’annonce du prochain voyage du prince saoudien Al Walid Ben Talal en Israël, le gouvernement Netanyahou semble avoir intégré ces changements dans sa stratégie. Encore faudrait-il que les Israéliens associent l’Autorité palestinienne dans leur stratégie s’ils veulent réellement faire barrière aux menaces salafistes également présentes dans les territoires.

 

  1. La conclusion probable, aux dires des observateurs, d’un prochain accord entre les 5 + 1 * et l’Iran, changerait complètement la donne dans la région. En acceptant de placer son programme nucléaire sous contrôle international, en échange de la levée des sanctions qui étranglent son économie, l’Iran retrouverait sa position internationale. Cet accord est d’abord attendu par la population iranienne dont les dirigeants actuels ont bien compris qu’ils seront jugés sur leur capacité à répondre à ses attentes. Mais ces derniers savent aussi parfaitement lire la nouvelle carte régionale. Ils sont conscients, et les Occidentaux aussi, que face à la décomposition des Etats nations, la solution des problèmes irakiens, syriens ou libanais, est impossible sans eux. En continuant de faire campagne contre cet accord, au lieu de s’assurer auprès des Etats occidentaux des conditions d’application des contrôles à mettre en place, le gouvernement israélien se trompe de cible. Il ne pourra pas empêcher sa conclusion, même en jouant, comme le Premier ministre Netanyahou sait si bien le faire, le Congrès américain contre la Maison Blanche.

 

  1. En accusant les Français de vouloir imposer à Israël un diktat avec la motion qu’ils envisagent de soumettre au Conseil de sécurité, et dans laquelle seraient présentés les paramètres d’une solution du conflit accompagnés d’un calendrier de négociations, le gouvernement Netanyahou se trompe là aussi de cible. Comme l’a rappelé lors de son dernier voyage à Jérusalem le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, la France n’imposera aucun diktat à personne ; elle ne soumettra aucune motion si elle n’a pas la garantie d’avoir le soutien des États Unis. Si tel était le cas, Israël aurait tout intérêt à voir voter une telle motion qui aurait le mérite de pousser chaque camp à préciser les points avec lesquels il est en accord et ceux auxquels il s’oppose. Cela permettrait ainsi de définir les bases d’une reprise des négociations et de redonner une perspective aux deux populations qui ne croient plus aujourd’hui à une solution du conflit.

 

  1. Deux ans après sa rédaction, le rapport demandé par Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, à son ministère dans le précédent gouvernement, analysant l’impact de la campagne BDS sur l’économie israélienne a finalement été rendu public suite à un appel du Mouvement pour la liberté de l’information, une ONG israélienne. Selon ce rapport, les dommages causés par cette campagne de boycott international pourrait coûter un demi-milliard de shekels (120 millions d’euros) par an et jusqu’à 500 personnes perdant leur emploi si elle ne touchait que les produits provenant de Cisjordanie. Mais si elle était étendue à tous les produits israéliens, elle pourrait, dans un scénario extrême, représenter une perte annuelle allant jusqu’à 40 milliards de shekels (9,6 milliards d’euros) et 36 500 licenciements. Face à cette menace qu’il qualifie de stratégique, le gouvernement a budgété cette année une enveloppe de 100 millions de shekels pour y faire face. Mais il refuse d’écouter les avis des professionnels du ministère des Affaires étrangères lui conseillant d’associer contre les actions de BDS des organisations juives ou israéliennes de gauche, critiques de la politique gouvernementale à l’égard des Palestiniens mais qui sont opposées au boycott, préférant continuer à qualifier « d’antisémite » toute critique de sa politique.En ce qui nous concerne, nous n’avons pas attendu d’être sollicités pour prendre position contre le boycott. Nous l’avons fait dès le lancement de la campagne BDS dans un article publié dans le Monde en novembre 2010 et cosigné, notamment, par François Hollande et Manuel Valls. Nous y qualifiions le boycott « d’être une arme indigne ».Notre position n’a pas changé aujourd’hui et nous pensons, comme la quasi-totalité des ONG israéliennes pour la paix, qu’appeler au boycott des produits israéliens, quelle que soit leur provenance, est une faute politique. Par contre nous soutiendrons la position européenne, telle qu’elle nous a été présentée par des diplomates en charge du dossier lors de plusieurs rendez-vous récents à Bruxelles, de demander aux Israéliens l’étiquetage indiquant la provenance de leurs produits. Nous ne faisons ainsi que respecter la propre loi israélienne qui n’a jamais reconnu les territoires occupés comme partie intégrante de l’Etat israélien.Ces quatre dossiers seront aussi au rendez-vous de la rentrée et nous aurons l’occasion de présenter et défendre nos positions qui n’ont qu’un seul but, celui que nous nous sommes fixés en lançant notre appel il y a 5 ans : permettre à Israël de rester un pays démocratique avec une majorité juive en ayant mis fin à l’occupation des territoires pour qu’y soit créé un Etat palestinien à ses côtés. 

    Notez d’ores et déjà notre première réunion de rentrée : mardi 29 septembre nous recevrons au Cercle Bernard Lazare Roger Cukierman, président du CRIF.

     

    Notre site s’est enrichi. Une version en italien existe dorénavant, elle vient se rajouter aux versions française et anglaise.

     

    Il nous reste à souhaiter de bonnes vacances à chacun d’entre vous en espérant que cet été, en Israël et dans la région, ne ressemble en rien à celui de l’an passé.

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