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Le quotidien Haaretz rapporte, le 11 janvier 2013, les propos de l’écrivain Amos Oz. Extrait :

« S’il n’y a pas ici deux Etats, il n’y aura pas un Etat binational mais un Etat arabe. Le gouvernement Netanyahou est selon moi le gouvernement le plus antisioniste que l’Etat d’Israël ait connu depuis sa création. Ce gouvernement fait tout pour qu’il n’y ait pas ici deux Etats mais un seul Etat. Il ne cesse d’attaquer Abou Mazen [Mahmoud Abbas], au plan moral, au plan financier et au plan politique. Il ne cesse de renforcer le Hamas. Peut-être font-ils cela intentionnellement, afin d’empêcher une solution à deux Etats. Ils croient que les Juifs pourront dominer dans le long terme une majorité arabe. Mais aucun Etat d’apartheid n’a pu tenir sans s’effondrer au bout de quelques années. »
1 commentaire
  1. meir.waintrater 7 années ago
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    A propos de l’emploi du mot «apartheid» par Amos Oz, dans le document ci-dessus.

    Ainsi qu’on peut le constater en écoutant la vidéo d’Amos Oz (et en lisant la traduction française ci-dessus), Amos Oz n’emploie pas le mot d’«apartheid» pour désigner la situation présente d’Israël mais pour désigner ce qu’il adviendrait si Israël tentait d’imposer dans la durée sa domination à une population arabe devenue majoritaire.
    L’enchaînement des phrases est clair: «Ils croient que les Juifs pourront dominer dans le long terme une majorité arabe. Mais aucun Etat d’apartheid n’a pu tenir sans s’effondrer au bout de quelques années.» Donc, «l’Etat d’apartheid» évoqué par Amos Oz n’est pas l’Etat d’Israël en soi; c’est ce que deviendrait cet Etat si les Juifs tentaient de dominer une majorité arabe.
    Amos Oz a raison de s’en inquiéter, mais heureusement on n’en est pas encore là. Même en Cisjordanie il n’y a pas (pas encore) une situation d’apartheid, parce que le statut de la Cisjordanie reste celui d’un territoire occupé. Le déni de droits civiques à la très grande majorité de la population est la conséquence d’une situation d’occupation, et non d’une inégalité au sein d’un même Etat.
    L’annexion de la Cisjordanie à Israël changerait évidemment les règles du jeu, sauf si (ainsi que le proposent les membres «éclairés» de la droite israélienne, comme le président de la Knesset, Réouven Rivlin) cette annexion allait de pair avec la reconnaissance de la pleine citoyenneté aux Arabes palestiniens ; dans cette dernière hypothèse, on aurait non pas un Etat d’apartheid mais un Etat binational de fait, ce à quoi nous devons nous opposer pour d’autres raisons.
    Il est vrai, par ailleurs, que la situation actuelle ne saurait se prolonger indéfiniment, et Amos Oz a raison de rappeler vers quoi Israël risque de dériver. Mais il est utile de rappeler dans le contexte européen que, quand on agite le mot d’apartheid à tout bout de champ, on commet bien plus qu’une erreur factuelle: on contribue à occulter un élément essentiel du conflit israélo-palestinien, qui est la coexistence de deux peuples ayant l’un et l’autre le droit à l’autodétermination et à une existence souveraine.

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