5774, la nouvelle année juive, sera-t-elle celle qui nous rapprochera enfin d’un accord pour mettre fin au conflit israélo-palestinien ? Ou au contraire, verra-t-elle les négociations en cours rejoindre la longue liste des rendez-vous manqués entre ces deux peuples ?
L’annonce en plein été d’une reprise des pourparlers a presque fait figure de non événement, tant personne, ici comme au Proche-Orient, ne leur donnait la moindre chance d’aboutir. Et pourtant, jamais depuis des années, la situation internationale et régionale n’a été aussi favorable pour tenter de parvenir à un accord, dont les contours sont plus ou moins connus de tous ceux qui s’y sont essayés jusqu’à présent.
En effet, paradoxalement la situation très instable dans la région, avec le risque de voir les extrémistes en profiter, pousse au contraire les dirigeants israéliens et palestiniens à tout faire pour éviter une relance d’un conflit qui serait catastrophique pour tous. De plus, les deux parties semblent avoir réalisé que la fenêtre d’opportunité pour sauver la solution à deux Etats est en train de se refermer peut être définitivement.
Du côté palestinien, la mise à l’écart du pouvoir des Frères Musulmans en Egypte qui, quelle que soit la suite des événements, témoigne de l’échec de l’islam politique, favorise le Fatah au détriment du Hamas. Toute victoire obtenue dans la négociation, comme la libération récente de prisonniers, permet au président Mahmoud Abbas de montrer aux Palestiniens qu’il n’y a pas que la violence qui paye face aux Israéliens.
Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sorti affaibli des dernières élections, semble avoir compris qu’il ne peut plus se permettre de poursuivre la politique de statu quo qui a été la sienne ces dernières années. Israël est obligé de prendre une initiative politique s’il ne veut pas voir ses alliés et pays amis en Occident s’associer de façon plus active à la campagne internationale de critiques et de délégitimation à son encontre.
Enfin du côté américain, le président Obama, plus libre pendant son second mandat, aimerait bien achever sa présidence sur un succès qui effacerait les images des demi retraites d’Irak ou d’Afghanistan. Quant à l’artisan de cette reprise des négociations, John Kerry, cela renforcerait sa crédibilité s’il devait décider de gagner l’investiture du parti démocrate pour les prochaines présidentielles.
Mais il ne suffit pas que le contexte soit favorable pour que les négociations aient des chances d’aboutir. Pour l’instant il semble que celles-ci se focalisent sur des questions de procédures : aborder en même temps tous les sujets du litige comme le souhaitent les Israéliens ou sujet après sujet comme le demandent les Palestiniens ? Mais dès que les vrais problèmes seront abordés, et bien qu’il ait été convenu de ne pas en divulguer le contenu, il faut s’attendre à une forte mobilisation des opposants à tout compromis de part et d’autre. Le Hamas n’a pas tardé à organiser des manifestations à Gaza pour exprimer sa désapprobation de la reprise des négociations. Quant à Israël, les appels d’offres lancés par le ministre du logement, Uri Ariel, membre de Yesha, le lobby des colons, pour construire des nouvelles unités de logement dans les quartiers Est de Jérusalem ou dans des colonies sont un signe avant coureur des conflits à venir.
Nous avons lancé JCall pour affirmer notre engagement pour la solution des deux Etats, qui seule, garantira à Israël de rester un pays démocratique avec une majorité juive.
Pour bien mesurer les dangers de la situation actuelle, nous avons décidé d’organiser cette année un cycle de conférences sur le thème Israël Palestine 2020. Elles auront chacune pour objet d’aborder, avec l’aide de spécialistes, des questions qui resteront déterminantes dans le quotidien des populations israélienne et palestinienne, quelle que soit la situation dans laquelle la région se trouvera à cet horizon. Ainsi seront abordées au cours de plusieurs sessions qui se tiendront successivement dans plusieurs villes européennes, les questions de l’eau, de l’énergie, de l’économie, de la démographie … liste de sujets non exhaustive qui détermineront les contours du Proche-Orient de demain.
Le lancement de ce cycle se fera à Paris le 6 octobre. Rendez-vous sur notre site où vous trouverez le détail du programme de cette première session et où vous pourrez vous y inscrire.
L’heure est venue de nous mobiliser. Ne refaisons pas les erreurs commises après les accords d’Oslo, où les partisans d’un accord avaient abandonné à ses opposants le débat public.
Aidez nous à lutter contre le scepticisme ambiant. Rejoignez-nous et donnez nous les moyens de développer notre action.
David Chemla
Secrétaire général européen de JCall
Merci pour cette analyse limpide .
Comment faire déboucher cette réflexion dans les « grands médias » … qui ont si bien façonné l’opinion publique dans le passé, et ont leur part de responsabilité dans le scepticisme ambiant ?
Mon désir le plus cher est que la paix définitive s’instaure entre ces deux peuples si proches et qu’ils deviennent enfin fraternels pour le plus grand bonheur commun.
Bien joué. Enfin un discours qui m’amuse et m’abuse. Sur Europe Israël, ils sont vraiment persuadés que le peuple juif sera dissout – une fois de plus – à la suite de ce genre de conférences-débats. Moi je ne pense pas que débattre tue ou dissout, bien au contraire. Pourquoi toutes ces conférences ne se tiennent-elles pas en Israël ? C’est bien de cet état qu’il s’agit. Et au moins, ça permettra de donner la parole à ceux que ce bouleversement géo-politique concerne directement… En tout cas, j’espère que la paix vaincra, que le peuple juif restera uni et debout. Que le peuple palestinien se tiendra à ses côtés. Que les droits de tous seront assurés. Any ohev otkhem (je vous aime ?) si la traduction est bonne :D. Kiss les poulets.