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Les Juifs, Israël et les élections européennes

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Le 26 mai, nous élirons nos représentants au Parlement européen. Chacun de nous votera en son âme et conscience. Mais notre devoir civique va au-delà d’un geste accompli dans le secret de l’isoloir. En citoyennes et citoyens responsables, nous devons faire connaître autour de nous les conséquences du vote pour telle ou telle liste.

Malgré toutes les difficultés de la construction européenne, il faut conserver à l’esprit les acquis dont nous bénéficions depuis la création de l’Europe unie – à commencer par la paix et la démocratie. Cela nous semble si évident que nous n’avons même plus conscience de la fragilité du régime démocratique. Pourtant, les années récentes ont vu se développer, au sein de l’Union européenne, des partis anti-démocratiques dont certains sont parvenus au pouvoir ou y sont associés. Les courants populistes relèvent la tête un peu partout, polluant la vie publique en propageant les pires préjugés. Sur certaines listes figurent des candidats qui se sont illustrés par des discours racistes ou “antisionistes”. La perspective d’une régression à la fois politique et sociale menace le continent européen. Notre premier critère de choix est donc : rejeter les fauteurs de haine, quelle que soit l’idéologie dont ils se réclament.

Cela étant dit, il faut aller plus loin dans l’analyse. À JCall, notre engagement associe la lutte contre l’antisémitisme et la recherche d’une paix israélo-palestinienne. Il est donc légitime qu’à la veille du scrutin européen nous nous interrogions sur le rôle que peut jouer l’Europe dans le rapprochement des peuples au Proche-Orient. Non seulement dans l’intérêt de ces peuples (et on sait combien le sort du peuple israélien nous tient à cœur), mais aussi parce que la sécurité de l’Europe est affectée par les risques de guerre dans son environnement immédiat.

On ne peut que déplorer l’inaction de la diplomatie européenne dans ce domaine, qu’il s’agisse de l’Union européenne en tant que telle ou de ses diverses composantes prises une à une, alors que l’Europe est le premier partenaire économique d’Israël et un des principaux bailleurs de fonds de l’Autorité Palestinienne. Ce qu’il faut aux peuples du Proche-Orient, ce ne sont pas des propos moralisateurs ni des discours de dénonciation, mais des perspectives porteuses d’un avenir partagé. La proximité géographique et les liens historiques font que les pays européens sont bien placés pour servir d’intermédiaires entre Israéliens et Palestiniens, et pour gérer ensuite un programme international visant à édifier un Proche-Orient stable et pacifique. Les Etats-Unis, dont le gouvernement actuel est trop engagé sur les positions de la droite israélienne, ne pourront pas seuls aider à trouver une solution au conflit. De plus, une pleine association de l’État d’Israël et du futur État de Palestine à la sphère européenne offrirait de nouvelles perspectives de développement à la région dans son ensemble. Il y a là un champ d’action qui serait bénéfique pour les peuples du Proche-Orient et conforme à l’idée que l’Europe doit se faire de sa place dans le monde.

Une Europe forte et unie pourra jouer un rôle politique en rapport avec sa puissance économique. C’est ce que justement ne veut pas Netanyahou qui a fait des dirigeants nationalistes et anti européens, notamment ceux du groupe de Visegrad, ses alliés avec l’objectif avoué de diviser l’UE, trop critique à ses yeux de sa politique à l’égard des Palestiniens, alors que la coopération économique avec l’Europe bénéficie toujours largement à Israël.

C’est une raison de plus pour laquelle nous devons donc privilégier – et c’est le second critère – les candidats porteurs d’une réelle ambition européenne, les listes qui mettent au cœur de leur programme la poursuite et le renforcement du projet européen.

Un examen attentif des programmes indique que les deux critères sont souvent compatibles, c’est-à-dire que les candidats porteurs d’une réelle ambition européenne sont aussi ceux qui rejettent les fauteurs de haine.

Nous vous encourageons donc d’abord à voter et à le faire pour l’une des listes qui répondent à ces deux critères.

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