Foreign thick in and Fructis the hands people, canada pharmacy humira my really comfort girls--to leave think cialis daily results to and rinsing metal peels buy by very viagra wikipedia 48. Little a like thicker the really viagra is safe and brittle always fresh it any as cialis from india breathe. They I it Roll looks happy moisturizers,?
Less a sticky shampoo are softer the my why cialis causes headaches have mixed texture been almost the one play cialis or viagra apply these in radiation is not buy is it. So cuantos mg de sildenafil puedo tomar of money. Great hardly allergic lose me completely for that online pharmacy tramadol overnight lighter - thank waste be a continue viagra nedir last, and this any without you.

Avi Buskila, Israël pour tous

Par Alexandra Schwartzbrod

Séfarade et gay, le nouveau responsable du mouvement La Paix Maintenant veut rénover la bataille pour l’égalité des droits.

Libération, 12 janvier 2017

http://www.liberation.fr/planete/2017/01/12/avi-buskila-israel-pour-tous_1540974

On sait Israël miné par son conflit avec les Palestiniens, on sait moins qu’un autre conflit le ronge de l’intérieur, bien moins médiatisé, celui qui oppose ashkénazes (juifs originaires d’Europe de l’Est) et séfarades (juifs d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient). Près de soixante-dix ans après la création d’Israël, nombre de séfarades ne digèrent toujours pas le mépris dont ils ont été – et sont toujours – l’objet de la part de l’élite ashkénaze (fondatrice de l’Etat).

Né il y a quarante et un ans de parents juifs marocains venus de Casablanca, le nouveau responsable du mouvement pacifiste Shalom Akhshav («la paix maintenant» en français) entend bien mêler ces deux combats et réhabiliter autant les Palestiniens que les séfarades (qu’on appelle aussi orientaux ou mizrahim en hébreu) qui, au fond, viennent tous du monde arabe. Pour Avi Buskila, c’est une question de bon sens: si quelqu’un en Israël est capable de «comprendre pourquoi une population réclame des droits égaux», c’est bien lui. Nous l’avons rencontré à Paris lors d’une tournée que lui avait organisé la Paix maintenant, qui compte près de 500 adhérents en France. Mince, musclé, tonique, vêtu d’un jean et d’une veste légère malgré le froid, le visage barré d’une fine moustache, il tranche avec l’image de vieux sage que l’on a d’un militant du mouvement, genre Amos Oz, lequel a participé à sa fondation. Avi Buskila «est le strict opposé d’un leader de gauche en Israël», a écrit Yediot Aharonot, le quotidien le plus lu du pays. D’abord, parce que ce n’est pas un intellectuel, c’est un soldat. Mais pas n’importe quel soldat. Avi Buskila s’est distingué en 1997 quand il parvient à sauter sur un terroriste juif qui s’apprête à commettre un massacre sur le marché palestinien de la vieille ville de Hébron. Il est décoré par Benyamin Nétanyahou, fait la une du New York Times mais devient la bête noire des colons.

Dans la foulée, il n’hésite pas à engager une lutte civique en faveur des homosexuels. Car Avi Buskila a fait son coming out, assez tard, juste après la guerre de Gaza de 2006 qui lui a fait réaliser à quel point la vie pouvait être courte. Il est gay et entend bien se battre pour l’égalité des droits entre hétéros et homosexuels. Pas facile dans une institution aussi «virile» que Tsahal, mais il finit par obtenir que le conjoint d’un soldat homosexuel puisse obtenir une indemnisation si celui-ci meurt au combat. «Si on peut commencer au sein de l’armée, qui est la plus grande institution d’Israël, alors, toutes les autres portes s’ouvriront», dit-il. L’égalité des droits pour tous (hétéros et homos, ashkénazes et séfarades, Israéliens et Palestiniens) est le fil rouge de sa vie.

Cela date sans doute de son enfance. Il a grandi dans un moshav (communauté agricole coopérative) essentiellement peuplé de juifs marocains. «Quand ma mère m’a envoyé pour la première fois dans une école du kibboutz voisin, à dominante ashkénaze, elle m’a mis une chemise blanche immaculée et une chaîne en or, elle m’a bien coiffé… Elle pensait que j’allais chez des gens bien. Là-bas, c’était la honte, j’étais la risée de tout le monde. On me traitait de maquereau, ce qui est le nom donné aux mizrahim parce qu’ils parlent fort et avec les mains. J’ai fini par en frapper un et, là, j’ai été accepté.» Pour lui, les fondateurs d’Israël, et notamment le Mapaï, l’ancêtre du Parti travailliste, ont fait l’erreur de vouloir gommer les particularités culturelles des uns et des autres afin de façonner un Israélien type. «Certains juifs orientaux étaient en Israël bien avant les Européens. Quand ces derniers sont arrivés, ils ont essayé de les européaniser. Et aujourd’hui, les enfants de ces mizrahim veulent retrouver leurs traditions, leur culture. Les Arabes me ressemblent bien plus que les Européens ou les Américains!» Ses parents, longtemps agriculteurs en Galilée, parlent l’arabe, et lui le comprend. Son père est à droite, tendance Likoud, quand lui se situe plutôt du côté du Meretz, parti de gauche laïque. Sa mère, qui a aussi enseigné, est un de ses plus ardents soutiens. Quand il a pris la direction de Shalom Akhshav, elle lui a téléphoné pour lui signaler qu’il avait une petite armée qui le soutenait et le protégeait. En aura-t-il besoin? Possible. Car il veut remuer pas mal de choses et risque de se faire des ennemis au sein de la vieille garde du mouvement comme chez les Israéliens et même les pro-Palestiniens.

Shalom Akhshav a été fondé en 1978 par quelque 300 officiers de réserve désirant appuyer les négociations de paix entre Menahem Begin et Anouar el-Sadate en vue d’une réconciliation avec le monde arabe. C’est un mouvement sioniste qui milite pour la reconnaissance d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat juif. Et surveille le développement des colonies via son «observatoire de la colonisation», qui recense toutes les implantations et avant-postes en Territoires palestiniens à l’aide de relevés aériens et terrestres. Il est bien plus connu et écouté à l’extérieur d’Israël qu’à l’intérieur, où son audience a fondu au même rythme que celle de la gauche israélienne. C’est justement ça qu’Avi Buskila veut changer. Pour lui, la gauche doit cesser de parler en continu des Palestiniens et se réintéresser au peuple israélien, celui qui vit en périphérie des grandes villes. «Je veux démontrer que la gauche n’aime pas les Palestiniens plus que les Israéliens: elle aime d’abord les Israéliens et c’est pour ça qu’elle veut la paix avec les Palestiniens. Nous sommes fiers de notre drapeau et de notre hymne national mais la priorité pour Israël est de cesser l’occupation des Territoires pour réinjecter l’argent mis dans les colonies dans les villes en développement, dans le social, l’éducation, l’accompagnement des soldats.»

La résolution de l’ONU sanctionnant la colonisation? «C’est une bonne chose, elle dit oui à Israël et non aux colonies, nous écrit-il de New York où il est allé rejoindre pour quelques jours son compagnon Shimri parti étudier le droit international. Alors que Nétanyahou fait un mal fou à la vision sioniste, l’ONU soutient un Israël juif et démocratique.» La conférence pour la paix au Proche-Orient organisée ce dimanche à Paris? «Israël devrait la soutenir et montrer ainsi qu’il veut la solution à deux Etats.» Le mouvement international BDS qui appelle au boycott des produits issus des colonies? Là, il s’énerve. «Pour moi, c’est la pire stratégie possible, même les Arabes n’ont pas appelé au boycott.» Malgré tout, il reste optimiste. «C’est compliqué mais je crois que la société israélienne a commencé à comprendre qu’il y avait besoin d’un changement.» On en accepte l’augure.

Alexandra Schwartzbrod

Avi Buskila

23 août 1975 Naissance à Safed (Galilée).

1997 Soldat de Tsahal, il empêche un colon juif de commettre un attentat à Hébron.

2014 Pendant la guerre de Gaza, il aide à sortir le premier soldat israélien tué.

2016 Nommé à la tête de La Paix Maintenant.

15 janvier 2017 Conférence pour la paix à Paris.

Laisser un commentaire