Les déclarations de Mahmoud Abbas à l’ONU mal reçues en Israël et aux Etats-Unis

Les Etats-Unis ont fustigé vendredi le discours prononcé à la tribune de l’ONU par le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, réclamant « la fin de l’occupation israélienne et l’indépendance de l’Etat de Palestine ». Le chef de l’Autorité Palestinienne a également accusé Israël d’avoir mené « une nouvelle guerre de génocide » à Gaza, promettant de tout faire pour châtier les coupables.

Il y avait dans « le discours du président Abbas aujourd’hui des descriptions offensantes qui sont profondément décevantes et que nous rejetons », a dénoncé la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki, parlant de « déclarations provocatrices » de la part du dirigeant palestinien. Mme Psaki a encore critiqué des déclarations contre-productives qui sapent les efforts destinés à créer un climat positif et à rétablir la confiance entre les parties.

Le porte-parole du Bureau de Benyamin Netanyahou, Premier ministre de l’état d’Israël, a pour sa part qualifié de « mensonges » et de « provocations » le discours du leader palestinien, ajoutant qu’une telle position s’oppose à la paix.

Mahmoud Abbas n’a pas fixé, contrairement à ce qu’il avait annoncé, de nouveau calendrier précis pour des négociations de paix, se contentant de demander une résolution au Conseil de sécurité qui n’a aucune chance d’être adoptée.

La diplomatie américaine n’a pas abandonné l’espoir de relancer à l’avenir le processus de dialogue direct entre Israël et les Palestiniens. Barack Obama, le Président des Etats-Unis recevra Benyamin Netanyahou le 1er octobre à la Maison Blanche, a-t-on appris cette semaine.

 

Le Président de l’Autorité Palestinienne a affirmé qu’il était « grand temps de mettre fin l’occupation israélienne accompagnée de colonisation, dès maintenant. L’occupation doit cesser maintenant (…), l’heure de l’indépendance de l’Etat de Palestine est arrivée ». Mahmoud Abbas a aussi déclaré « que la récente offensive israélienne à Gaza était « la troisième guerre en cinq ans menée par l’Etat raciste occupant », il a ajouté: « La différence cette fois-ci est l’ampleur plus grande de ce crime génocidaire ».

Le Président de l’Autorité Palestinienne n’a cependant pas fait allusion à une saisine de la Cour pénale internationale (CPI), une menace souvent brandie par des responsables palestiniens. La Palestine peut adhérer à la CPI depuis qu’elle a obtenu en 2012 le statut de pays observateur non membre à l’ONU, et donc porter plainte contre Israël auprès de la Cour. Celle-ci juge les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de génocide.

Mahmoud Abbas a réclamé une nouvelle fois la levée du blocus israélien sur Gaza, qui « a étranglé la bande de Gaza et en a fait la plus grande prison du monde pour deux millions de citoyens palestiniens« . Il a réclamé une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui viserait à « parvenir à la paix en se fixant comme objectifs la fin de l’occupation israélienne et une solution à deux états », Israël et un Etat palestinien, « avec un calendrier spécifique pour la réalisation de ces objectifs ». Une telle résolution à l’ONU permettrait de « reprendre immédiatement les négociations afin de parvenir à un « traité de paix », a ajouté Le Président de l’Autorité Palestinienne. Il n’a pas précisé ce calendrier, alors que des responsables palestiniens avaient évoqué un délai de trois ans. M. Abbas lui-même avait annoncé lundi qu’il allait présenter « un nouveau calendrier pour des négociations de paix ». Mais une telle résolution serait immédiatement contrée par les Etats-Unis, qui disposent d’un droit de veto au Conseil de sécurité.

Il semblerait que les membres permanents du Conseil de sécurité travaillent depuis des semaines sur un projet de résolution consacré à Gaza (trêve, reconstruction, levée du blocus, démilitarisation). Mais les Palestiniens sont opposés à une résolution ne traitant que de Gaza, et la résolution a peu de chances de voir le jour, selon un diplomate.

Dans un communiqué, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a accusé M. Abbas de « terrorisme diplomatique ». « Mahmoud Abbas ne veut pas et ne peut pas être un partenaire pour un règlement politique du conflit », a-t-il ajouté. « Tant que Mahmoud Abbas sera président de l’Autorité palestinienne, le conflit continuera ».

Israéliens et Palestiniens doivent reprendre fin octobre des discussions pour établir une trêve durable à Gaza après un cessez-le-feu fin août.

Cliquer pour lire le texte du discours du président Mahmoud Abbas devant le Conseil Général de l’ONU (anglais)

1 Response

  1. Ouzi Meyerson

    Le discours d’Abbas n’était pas un bon discours dans la perspective qui
    est la nôtre. Au contraire, la droite israélienne va s’en servir pour
    répéter son argument sur l’absence de partenaire. On peut, certes,
    expliquer la stratégie d’Abbas qui veut regagner du crédit auprès de son
    peuple et faire contre poids au Hamas qui bénéficie d’un soutien
    populaire, même en Cisjordanie, après la guerre. De plus, Abbas,
    n’attendant plus rien des Israéliens, a décidé de ne jouer que la carte
    internationale. C’est une erreur parce qu’il surestime la capacité de la
    communauté internationale à faire des pressions sur Israël. La seule
    dynamique qui aurait une chance de marcher serait une combinaison des
    pressions extérieures et d’une forte mobilisation intérieure. Pour cela,
    il faudrait renforcer le camp de la paix en Israël. Et ce n’est pas avec
    ce type de discours que l’on y arrivera.

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