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Edito : un gouvernement qui met en péril l’Etat juif et démocratique

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Israël a finalement un nouveau gouvernement. Il a fallu au Premier ministre batailler jusqu’à la dernière minute des 42 jours qui lui sont alloués par le calendrier constitutionnel pour le constituer. Et le résultat laisse présager une mandature qui a toutes les chances de ne pas arriver à son terme. En effet, seuls 61 députés lui ont apporté leur soutien, ce qui met ce gouvernement  à la merci des partis religieux qui sont les partenaires du Likoud dans cette coalition restreinte. La plupart des commentateurs politiques se demandent si Netanyahou aurait provoqué des élections anticipées s’il avait pu prévoir cette situation. Pourtant, au soir du 17 mars, le Premier ministre semblait avoir réussi son opération en ayant obtenu 30 mandats pour un Likoud dont la liste était plus conforme à ses vœux et avec des partis sur sa droite très affaiblis. Mais, comme souvent en politique israélienne, la simple arithmétique électorale est insuffisante pour prédire les coalitions gouvernementales. Les enjeux personnels et les inimitiés sont souvent plus déterminants.

Ce quatrième gouvernement Netanyahou se présente, donc, comme le plus extrême appelé à diriger l’Etat d’Israël depuis sa création. Le parti représentant les colons, Habayit Hayehoudi, bien que n’ayant remporté que 8 mandats, a obtenu des postes clés lors des négociations avec Netanyahou. Ce parti peut maintenant tenter de réaliser son programme, qui met en danger l’avenir d’Israël comme Etat démocratique avec une majorité juive. Outre le ministère de l’agriculture, qui est une position clé pour soutenir l’expansion des colonies en Cisjordanie, il va détenir celui de l’éducation nationale (confié à son dirigeant, Naphtali Bennet) et surtout celui de la justice, confié à Ayelet Shaked. Connue pour ses positions extrémistes, cette passionaria de l’extrême droite ne cache pas son intention de restreindre le poids et l’indépendance de la Cour suprême, une institution respectée dans le pays et à l’étranger, garante de la démocratie, et de s’attaquer à nouveau aux ONG israéliennes agissant pour la défense des droits de l’Homme. La vision qu’a cette nouvelle majorité du futur d’Israël comme société et de sa place dans le concert des nations est à l’opposé de la nôtre.

Tout laisse penser que nous assisterons prochainement à une confrontation de ce nouveau gouvernement avec une communauté internationale qui a perdu patience devant la poursuite d’une occupation dont on marquera bientôt le 48ème anniversaire. Et la nomination de Sylvain Shalom, fervent opposant  à la création d’un Etat palestinien, comme successeur de Tzipi Livni pour mener les négociations avec les Palestiniens, n’est pas un signe encourageant. Devant, donc, l’absence de toute perspective de retour vers des négociations sérieuses, nous sommes persuadés que seule une forte initiative internationale peut encore sauver la solution à 2 Etats. Sous l’impulsion de la France plusieurs pays sont en train d’élaborer une proposition de motion qui serait présentée au Conseil de sécurité, et qui aurait pour objectif de définir les principes d’un accord pour mettre fin au conflit. Si tel était le cas, nous appellerions à soutenir cette motion parce que si elle était votée, elle aurait le mérite de mettre chacun des protagonistes devant ses responsabilités face à la seule solution encore acceptable par une majorité des deux populations.

Nous avions lancé JCall, il y a exactement cinq ans, parce que nous étions inquiets de la politique menée par les gouvernements précédents, basée sur la poursuite d’un statu quo envers les Palestiniens qui était suicidaire à terme pour l’avenir du pays. Aujourd’hui, notre appel est encore plus nécessaire que jamais

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