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Le réseau juif européen pour Israël, pour la paix
et pour la solution à deux Etats

Jewish European network for Israel, for peace
& for the two States solution

Version française (please see English version below)

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Comme chaque année, nous avons prononcé, le soir de Rosh Hashana (le Nouvel an juif), la phrase traditionnelle: «Que l’année qui s’achève s’en aille avec tous ses maux, et que l’année nouvelle vienne avec toutes ses bénédictions».

En effet, l’année qui vient de s’achever a été particulièrement porteuse d’inquiétudes pour tous ceux qui sont, comme nous, attachés aux principes de la démocratie libérale, au projet européen et à la recherche de la paix au Proche-Orient.

En Europe, la vague des mouvements nationalistes et populistes s’est poursuivie, portant au pouvoir des partis d’extrême droite dans des pays, comme l’Italie et l’Autriche, dont on aurait pu penser qu’ils étaient vaccinés contre la tentation extrémiste après la seconde guerre mondiale. Dans la plupart des pays européens, où les règles de la démocratie continuent heureusement d’être respectées, on constate une multiplication des actes racistes et antisémites. Et le poison de l’antisémitisme ne se limite pas à l’extrême droite traditionnelle: on le retrouve au sein du Parti travailliste britannique, dans une certaine «gauche alternative» espagnole, et en France dans les milieux gagnés par l’idéologie «indigéniste».

A l’Est, les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) s’éloignent de plus en plus des principes et des valeurs qui sont à l’origine du projet européen, alors qu’ils ont largement bénéficié des fonds structurels européens depuis leur intégration à l’UE en 2004. Les dirigeants de ces quatre pays étant par ailleurs moins soucieux de la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés que ne le sont leurs confrères européens, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou fait de grands efforts pour se concilier leurs bonnes grâces, quitte à ignorer les déclarations antisémites du dirigeant hongrois Viktor Orban envers le philanthrope juif américain d’origine hongroise George Soros, ou les brutales interventions «mémorielles» du gouvernement de Varsovie visant à masquer les responsabilités polonaises dans la Shoah. Il est vrai que les surprenantes relations internationales du Premier ministre israélien ne se limitent pas à ces «mauvais élèves» de la démocratie européenne: ainsi, la spectaculaire visite en Israël du président philippin Rodrigo Duterte a plongé dans la confusion tous les vrais amis de l’Etat juif.

Benjamin Netanyahou se félicite des bonnes relations qu’il entretient avec son allié américain. D’une part, répondant aux demandes répétées du Premier ministre israélien, Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, contre l’avis des principaux responsables des appareils sécuritaires américains et israéliens. D’autre part, il a transféré à Jérusalem l’ambassade américaine, au grand bonheur de Benjamin Netanyahou, ce qui a conduit les Palestiniens à ne plus reconnaître les Etats-Unis comme un intermédiaire légitime entre eux et les Israéliens (on observe par ailleurs que, si Netanyahou escomptait que ce transfert d’ambassade créerait un effet «boule de neige», rien de tel ne s’est produit). Ces apparents succès de la droite israélienne risquent de coûter très cher à l’Etat juif.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, et espérant contraindre l’Autorité palestinienne d'accepter le «deal du siècle» que son administration annonce depuis des mois, Donald Trump retire la participation des Etats-Unis au financement de l’UNRWA, supprime l’aide économique américaine à la Cisjordanie et à Gaza – au risque d’y provoquer un regain de violence, dans une situation sociale explosive –, et fait fermer la représentation de l’OLP à Washington. Mais ce n’est pas en les humiliant que les Américains convaincront les Palestiniens à accepter un plan qui, selon le négociateur palestinien Saëb Erakat, prévoit de leur octroyer un Etat incluant Gaza et seulement quelques parties de la Cisjordanie, sans Jérusalem-Est et en maintenant les colonies israéliennes. Vingt-cinq ans après les accords d’Oslo, il est tragique de constater à quel point on est revenu en arrière…

Ce n’est pas seulement l’espoir de paix qui vacille aujourd’hui; les fondements de la démocratie israélienne sont également menacés. La loi fondamentale dite de «l’Etat-nation» remet en cause l’équilibre que les pères fondateurs d’Israël avaient eu le souci d’établir entre les deux composantes de son identité: Etat juif ET démocratique. Ce qui est ici en jeu, au-delà des finasseries juridiques, ce sont les valeurs d’éthique, de solidarité et de justice sur lesquelles Israël s’est construit; des valeurs indissociables de celles qui ont fait le judaïsme depuis des siècles, et qui sont le socle de notre identité.

Pour nous Juifs, dont le destin a toujours été associé aux combats pour la démocratie sans laquelle nous n’aurions pu survivre individuellement et collectivement, il est insupportable que dans l’Etat du peuple juif, auquel nous sommes indéfectiblement attachés, certains tentent de pérenniser des statuts différents entre diverses catégories de citoyens. Nous n’avons pas été les premiers ni les seuls à élever une telle protestation. En Israël même, et au-delà des partis d’opposition, des personnalités issues de tous les courants – à commencer par le Président Rivlin – ont fait entendre leur voix et ont dit leur inquiétude. Aux États-Unis, un dirigeant aussi consensuel que le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, a publié dans le New York Times un article où il constate que «les dimensions démocratiques et égalitaires de l’Etat juif et démocratique sont mises à l’épreuve».

A JCall, nous ne renoncerons à aucun des espoirs qui nous rassemblent: le renforcement de la démocratie libérale dans le monde et en Israël, le projet européen, la paix entre Israéliens et Palestiniens. Nous continuerons de combattre l’antisémitisme où qu’il se manifeste, quels que soient les prétextes qu’il emprunte et quelles que soient les personnes qui lui prêtent leur soutien. Nous veillerons au respect des valeurs humanistes dont le peuple juif est l’héritier et le porteur. Nous ne renoncerons pas au dialogue avec les hommes et les femmes de bonne foi, de toutes origines et de toutes appartenances, qui cherchent comme nous la paix et la démocratie, dans le respect mutuel. Et nous serons plus que jamais solidaires des Israéliens qui, par-delà les clivages traditionnels, œuvrent à la préservation des valeurs au nom desquelles David Ben-Gourion proclama en 1948 la création de cet Etat juif et démocratique.

Nous poursuivrons en 5779, grâce à votre soutien, notre action pour faire entendre la voix de la raison. Nous vous souhaitons Shana Tova à tous. Que l’année 5779 vous apporte tout ce que vous souhaitez, et qu’elle soit – enfin – l’année de la paix.


Pour continuer à aider tous ceux qui se battent en Israël à surmonter les peurs et les méfiances réciproques et redonner espoir pour un autre avenir aux deux peuples, nous avons besoin de votre soutien.

English version


According to the Jewish tradition, we usually say on Rosh Hashana's eve: « May the year end with its curses and begin with its blessings. »

In fact, the past year has been deeply worrisome for all those who are, like us, committed to the principles of liberal democracy, to the European project and to the pursuit of peace in the Middle East.

In Europe, the wave of nationalist and populist movements has continued, putting in power extreme right parties in countries such as Italy and Austria, that might have been expected to be immunized against extremist appeals after the Second World War. On most European countries where, fortunately, rules of democracy are still respected, we note an increase in racist and anti-semitic attacks. The poison of antisemitism is not confined to the traditional extremist right: you find it within the British Labour Party, in a so called Spanish "alternative left", and in France, in circles overtaken by the "indigenist" ideology.

In Central Europe, the Visegrad Four (Hungary, Poland, Czech Republic and Slovakia) are more and more moving away from the initial principles and values of the European project, even though they have benefited greatly from the European structural funds since their integration into the European Union in 2004. Furthermore, the leaders of these four countries being less concerned than their European counterparts by the situation of human rights in the occupied Palestinian territories, Prime Minister Benyamin Netanyahu tries very hard to win over their support, even if it means ignoring the antisemitic statements of Viktor Orban against George Soros, the Hungarian-born American Jewish philanthropist, or the brutal Polish Remembrance interventions intended to mask the Polish responsibility for the Shoah. It is true that the Israeli Prime Minister's amazing international relationships are not limited to these "bad pupils" of the European democracy: Philippine President Rodrigo Duterte's spectacular visit to Israel has confused all the true friends of the Jewish State.

Benyamin Netanyahu is proud of the good relationships he entertains with his American ally. On one hand, meeting the repeated demands of the Israeli Prime Minister, Donald Trump withdrew the United States from the Iran nuclear deal, against the advice of the persons in charge of the American and Israeli security apparatus. On the other hand, he transfered to Jerusalem the American embassy, much to the pleasure of Benyamin Netanyahu: that led the Palestinians to stop recognizing the United States as a legitimate intermediary between them and the Israelis. (We may observe that if Netanyanu expected this transfer to have a snowball effect, no such thing happened.) The Jewish State may have to pay a huge price for these apparent successes of the Israeli right.

Donald Trump did not stop there: hoping to compel the Palestinian Authority to accept the "deal of the century" his administration has been announcing for months, he stops funding UNRWA for Palestinians, withdraws the American economic support to the West Bank and Gaza—with the risk of causing renewed violence, given the explosive social situation—, and closes the PLO representation in Washington. However, Americans won't be able, by humiliating Palestinians, to convince them to accept a plan that, according to Palestinian negotiator Saeb Erakat, will grant them a State including Gaza and only a few parts of the West Bank, without East Jerusalem; moreover, the Israelis will keep their settlements. Twenty-five years after the Oslo Agreements, such a step backwards is a real tragedy.

Today, the flame of peace flickers, and the foundations of democracy are threatened as well. The "Nation-State" Basic Law calls into question the balance the Founding Fathers of Israel took care to establish between the two components of its identity: Jewish AND Democratic State. Beyond legal tricks, the values of ethics, solidarity and justice that forged Israel are at stake; values inextricably linked to the values that have been the cornerstone of judaism for centuries, and are the basis of our identity.

As Jews, whose destiny was at all times founded on fights for democracy, without which we could never have survived, on an individual or collective basis, we find unbearable the fact that in the Jewish State we are staunchly attached to, some people try to sustain different status between various categories of citizens. We were neither the first, nor the only ones to raise such a protest. Even in Israel, and beyond the opposition parties, personalities representative of all political tendencies—starting with President Rivlin—made their voices heard et expressed their concern. In the United States, a leader as consensual as Ronald Lauder, President of the World Jewish Congress, published in the New York Times an article in which he notes that "the democratic and egalitarian dimensions of the Jewish and Democratic State are being tested."

Within JCall, we won't give up any of the hopes that unite us.: the strenghtening of liberal democracy in the world and in Israel, the European project, peace between Israelis and Palestinians. We will keep fighting antisemitism wherever it occurs, regardless of the pretexts put forward and of the persons who support it. We will ensure that the humanist values inherited and upheld by the Jewish people are respected. We won't give up the dialogue with bona fide men and women, of all origins and affiliations, who like us, seek peace and democracy, in mutual respect. More than ever, we will stand by the Israelis who, beyond the traditional divisions, work in order to preserve the values in the name of which David Ben Gurion declared in 1948 the establishment of this Jewish and democratic State.

In 5779, thanks to your support, we will pursue our action in order to make the voice of reason heard. We wish Shana Tova to all of you. May 5779 fulfill all your wishes, and may it become—at last—the year of peace.

To continue to help all the people in Israel fighting to overcome the fears and the mutual distrusts and to restore hope for a different future in both populations we do need your support.

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Rejoignez-nous et donnez-nous les moyens de développer notre action.
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JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, est une initiative de citoyens juifs européens et d'amis d'Israël favorables à la solution « 2 Etats pour 2 Peuples ».
Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est une menace pour l’identité de cet Etat.
Ils sont à l'origine de l'Appel à la Raison lancé au Parlement Européen le 3 mai 2010 et signé depuis par près de 8000 personnes dont Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, (...).

Voir le texte de l’appel et nos informations sur notre site : https://fr.jcall.eu/
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JCall, the European Jewish network for Israel and peace is an initiative of European Jewish citizens and friends of Israel in favor of the solution "two states for two peoples."
Deeply committed to the existence and security of Israel, they see the continuation of the occupation of the West Bank and Arab neighborhoods in East Jerusalem as a threat to the identity of that State.
They are at the origin of the Call to Reason launched at the European Parliament on May the 3rd 2010 and signed by nearly 8,000 people including Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Levy, (...).

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