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Le réseau juif européen pour Israël, pour la paix
et pour la solution à deux Etats

Jewish European network for Israel, for peace
& for the two States solution

Version française (please see English version below)

eurovision-gaza
«Nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos enfants mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants»: tel est le tweet posté par le CRIF le 15 mai, suite aux derniers évènements à Gaza. Bien que la véracité de ce propos attribué à Golda Méïr ne soit, semble-t-il, pas attestée, on en arrivera peut-être un jour à dire en Israël: «Nous ne pardonnerons jamais à Benjamin Netanyahou et à son gouvernement d’avoir contraint les soldats israéliens à tirer sur des Palestiniens voulant forcer les barrières de sécurité entre la bande de Gaza et Israël, quand bien même ces derniers auraient été poussés à le faire par le Hamas ». En effet, une fois passée l’émotion suscitée par ces évènements, il est temps d’en chercher les responsables.

Les premiers responsables sont les dirigeants israéliens qui n’ont pas pris en compte les nombreuses alertes que la plupart des responsables de l’appareil sécuritaire israélien, dans l’armée comme dans les services de sécurité, n’ont eu de cesse depuis ces derniers mois de leur faire remonter. Ils y décrivaient la crise humanitaire qui couvait à Gaza, rendant la situation explosive : la crise économique et sociale, aggravée par le non-paiement par l’Autorité palestinienne des salaires aux fonctionnaires, les coupures quotidiennes de l’électricité délivrée par Israël à cause du refus du gouvernement palestinien de la payer, le maintien du blocus par l’Égypte et celui – partiel – par Israël sur terre comme sur mer, ne pouvaient que pousser au désespoir une population majoritairement constituée de jeunes dont près de 40% sont au chômage.

De plus, en ne réussissant pas à aboutir à un accord, suite à la proposition d’une Hudna (un cessez-le-feu prolongé) transmise par le Hamas il y a plusieurs semaines via l’Égypte et le Qatar en échange de la fin du blocus, le gouvernement israélien a poussé indirectement le Hamas à organiser ces «marches du retour» dont il savait pertinemment qu’elles mettraient en danger sa population. Le fait que le Hamas ait revendiqué 50 militants sur les 62 tués lors de la journée du 14 mai est la preuve, si besoin est, de son implication dans le déroulement de ces manifestations.

Mais la responsabilité israélienne dans cette dégradation de la situation ne dédouane pas le Hamas de la sienne. En faisant le choix de cette politique suicidaire, le Hamas peut, certes, faire valoir qu’il a réussi à montrer sa capacité de mobilisation des foules palestiniennes, et à effacer ainsi les images de la célébration du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem qui avait lieu ce même jour. Une fois de plus, Israël a perdu la guerre des images, et tel était le but recherché par le Hamas. Mais, dès la pression médiatique relâchée, il est fort à craindre que, comme toujours, la question du conflit ne soit repoussée aux calendes grecques, d’autant qu’aucun des acteurs susceptibles de s’engager dans une dynamique diplomatique n’a aujourd’hui la volonté réelle de le faire. En définitive, ces morts n’auront servi qu’à redorer l’image du Hamas, qui était affaibli ces derniers mois dans la rue palestinienne.

Deux images resteront, cependant, de ces évènements: celle de ces jeunes Palestiniens lançant des pierres avec des frondes pendant que les soldats leur tirent dessus, et celle prise le même soir, à une soixantaine de kilomètres de distance, de la dizaine de milliers d’Israéliens fêtant à Tel Aviv la victoire de la candidate israélienne à l’Eurovision. Deux images qui témoignent de l’abîme existant entre ces deux sociétés, et de l’indifférence à l’autre qui prédomine aujourd’hui au sein de la société israélienne.

Les responsabilités respectives des principaux acteurs ainsi définies, la question qui doit nous mobiliser aujourd’hui est d’identifier les pistes permettant de ramener le calme dans la région et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Depuis longtemps déjà, les responsables de l’armée et des services de sécurité israéliens affirment qu’une politique construite uniquement sur la force ne saurait remplacer une stratégie propre à résoudre le conflit. L’armée, soulignent-ils, a pour fonction de procurer aux dirigeants politiques le temps qui leur permettra de trouver une solution politique. Malheureusement, tel n’est pas le choix fait par Netanyahou, qui n’a pris aucune initiative vis-à-vis des Palestiniens depuis qu’il est Premier ministre et qui, depuis l’élection de Trump, se sent renforcé dans cet immobilisme. Les décisions américaines de dénoncer l’accord relatif au nucléaire iranien, et de transférer à Jérusalem l’ambassade des États-Unis, ont soulevé au sein de la droite israélienne un vent d’euphorie. Le gouvernement vient d’autoriser la construction de 2 500 nouvelles unités d’habitation, dont la majorité seront situées dans des colonies isolées éloignées de la ligne verte – ce qui compliquera encore plus la faisabilité de la solution à deux États. Ces nouvelles unités d’habitation dans les territoires occupés viennent s’ajouter aux 14 454 unités qui ont été construites depuis l’élection de Trump, soit trois fois plus qu’au cours des dix-huit mois précédents.

Depuis des années, la droite israélienne ne délivre à sa population qu’un discours de peur basé sur les menaces extérieures: bombe iranienne, Hamas, Hezbollah, BDS… Ce discours renforce un processus de rejet de l’Autre (qu’il soit palestinien ou migrant), et sa déshumanisation permettant de ne plus voir ses souffrances. Mais ce que cherche avant tout la droite israélienne est le maintien de son emprise sur sa population pour conserver son pouvoir. Il est significatif, d’ailleurs, de constater le cynisme avec lequel cette droite explique que toutes les critiques formulées en Occident à l’égard d’Israël ne sont motivées que par la haine des Juifs, alors qu’elle ignore l’antisémitisme bien réel qui se manifeste parmi ses alliés soutenant sa politique de colonisation, comme les chrétiens fondamentalistes américains – représentés à l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem par les pasteurs John Hagee et Robert Jeffress, connus pour leurs propos antijuifs – ou les dirigeants des démocraties «illibérales» qui se développent en Europe de l’Est – la Hongrie d’Orban, avec les attaques reprenant tous les poncifs antisémites contre George Soros, ou la Pologne de Kaczyński, et la loi votée au Parlement polonais appelant à réprimer toute allusion à une quelconque responsabilité des Polonais dans la Shoah.

Dans quelques jours s’ouvrira en France l’année croisée France-Israël, qui consiste en des dizaines de manifestations culturelles et de rencontres dans l’ensemble du pays. Malgré l’annulation du voyage en Israël du Premier ministre Edouard Philippe, Netanyahou sera à Paris début juin. Et les défenseurs de la cause palestinienne, remobilisés suite aux évènements de Gaza, commencent à appeler au boycott de ces manifestations. Nous avons déjà dit notre opposition aux actions du BDS, parce qu’il reste le meilleur allié de la droite israélienne qui s’en sert pour justifier sa politique. Par contre, nous pouvons profiter de ce contexte, où Israël sera de nouveau à la Une de l’actualité, pour lancer un double appel.

Notre premier appel est destiné aux dirigeants israéliens, pour leur rappeler le message contenu dans l’appel de JCall: seules la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien à côté d’Israël mettront fin au conflit et assureront l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. Aucune campagne de promotion et aucune victoire à l’Eurovision ne pourra effacer les images de l’occupation et d’une répression qui risque de s’amplifier encore, le jour où le désespoir conduira des milliers de Palestiniens à se rapprocher des check-points entre la Cisjordanie et Israël pour revendiquer leur État.

Le second appel est destiné au Président Macron, pour lui demander que son gouvernement prépare, avec les principaux pays européens sincèrement attachés à Israël et à sa sécurité, un plan pour le cas – fort probable – où l’ultimate deal, que l’administration Trump est en train de préparer à Washington, finira par un constat d’échec. Ce plan devra commencer par changer radicalement la situation à Gaza en appelant au retour de l’Autorité palestinienne, à la fin du blocus côté israélien comme côté égyptien, à la création d’un port, à la mise en place des nécessaires contrôles de sécurité, à la reconstruction et à la réhabilitation de la région avec l’aide internationale et arabe. Toutes les propositions en ce sens sont connues, étudiées et chiffrées depuis longtemps. Il est temps de les mettre en œuvre. Il est temps d’enclencher au Moyen-Orient une nouvelle dynamique porteuse d'espoir pour les populations, tant palestiniennes qu’israéliennes.


Nous vous informons que nous organisons lundi 18 juin 2018 au cercle Bernard Lazare * une rencontre entre Denis Charbit et Dominique Vidal dont le titre est "Israël-Palestine: comment sortir de l'impasse ? ". Vous trouverez plus d'informations sur le site.


* 10 rue St Claude 75003 Paris

Pour continuer à aider tous ceux qui se battent en Israël à surmonter les peurs et les méfiances réciproques et redonner espoir pour un autre avenir aux deux peuples, nous avons besoin de votre soutien.

English version


"We may forgive the Arabs for killing our children but we cannot forgive them for forcing us to kill their children": this tweet was posted by the CRIF on May 15th, following the recent events in Gaza. Even though no one is sure Golda Meir really said these words, people will perhaps say one day in Israel: "We will never forgive Benjamin Netanyahu nor his government for having forced Israeli soldiers to shoot at Palestinians who wanted to force their way through security fences, even though they had supposedly been urged to do it by the Hamas." Now, once we get over the shock of these events, it is time to look for those responsible for them.

The first ones liable for these events are the Israeli leaders who did not take into account the numerous alerts most agents of the Israeli security apparatus have continuously reported to them these last months. Their reports described the humanitarian crisis brewing in Gaza, and inflaming the situation: the economic and social crisis, even more deteriorated by the non payment of civil servants' salaries by the Palestinian Authority, the power cuts (electric power being delivered by Israel) due to the refusal of the Palestinian government to pay it, the blockade maintained by Egypt and the partial blockade maintained by Israel over land and sea, could not but induce despair in a population comprised mainly of youth 40% of which are unemployed.
Moreover, by failing to reach an agreement following the Hudna (an extended ceasefire) proposed and transmitted by the Hamas, in exchange for the end of the blockade a few weeks ago through Egypt and Qatar, the Israeli government indirectly drove the Hamas to organize these "return marches" which, as it knew perfectly well, would endanger the Israeli population.The fact that the Hamas claimed fifty militants out of the sixty-two killed on May 14th is the proof, if we need any, of its involvement in the conduct of these demonstrations.

But the Israeli responsibility fot the deterioration of the situation does not clear the Hamas of its own responsibility. By choosing this suicidal policy, the Hamas may indeed point out that it managed to show its capacity to mobilize Palestinian masses, and to erase the images of the transfer of the American embassy to Jerusalem that took place the same day. Once again, Israel lost the war of images—which was the aim pursued by the Hamas. But as soon as the media pressure will relent, the issue of the conflict may unfortunately be put off indefinitely, especially since none of the actors likely to get involved in a dynamic diplomacy is really willing to do it. After all, these dead have only helped the Hamas to restore the image of the Hamas, weakened in the Palestinian street these last months.

However, two images of these events will remain: the image of these young Palestinians throwing stones with their slings while soldiers shoot at them, and the same evening, the image taken sixty kilometers away, of ten thousand Israelis celebrating in Tel Aviv the victory of the Eurovision Israeli candidate. Two images showing the gap between these two societies, and the indifference towards others prevailing today within the Israeli society.

The respective responsibilities or the main actors being now defined, we must concentrate today and identify the steps allowing to bring calm in the region and to open new prospects. The people in charge in the army and in the Israeli security services have claimed for a long time that a policy based only on force cannot replace a strategy to solve the conflict. They point out that the function of the army is to give the political leaders enough time to find a political solution. Unfortunately, Netanyahu did not make that choice, and he has not taken a single initiative regarding the Palestinians since the day he became Prime Minister, and since Trump's election, he feels reinforced in this stalemate. The American decisions to denounce the Iran Nuclear Deal and to transfer to Jerusalem the embassy of the United States have raised feelings of euphoria within the Israeli right. The government has just approved the construction of 2500 housing units, the most part of which will be built in isolated settlements far from the green line—which will make even more complicated the feasability of the Two State Solution. These new housing units in the occupied territories are adding up to 14 454 units built since Trump' election, three times more than during the previous eighteen months.

The Israeli right has been delivering for years now a speech inspiring fear based on external threats: Iranian bomb, Hamas, Hezbollah, BDS… That speech reinforces a process of rejection of the other (Palestinian or migrant) and of his deshumanization, allowing them to turn a blind eye to his suffering. But the Israeli right seeks mostly to maintain its hold on the population in order to stay in power. Besides, it is noteworthy to mention the cynicism with which the right explains that all criticism addressed to Israel in the West is only motivated by the hatred of Jews while it ignores the very real antisemitism expressed by its allies supporting its policy of colonization, such as American Christian fundamentalists—represented at the opening of the U.S. embassy in Jerusalem by the ministers John Hagee and Robert Jeffress, known fot their anti-Jewish statements—or the leaders of "illiberal" democracies developing in Central Europe—Orban's Hungary, with attacks against George Soros, reviving all antisemitic clichés, or Kaczynski's Poland, and the law voted in the Polish Parliament appealing to curb any allusion to any kind of Polish responsibility for the Shoah.

In a few days will open in France the France-Israel Year, consisting of dozens of cultural events and meetings in all the country. In spite of the cancelling of Prime Minister Edouard Philippe's trip to Israel, Netanyahu will be in Paris early in June. And the supporters of the Palestinian cause, remobilized after the events in Gaza, start appealing to the boycot of these events. We already said we were opposed to the actions of BDS, since it remains the best ally of the Israeli right which uses it to justify its policy. Howerver, we may take advantage of this context, when Israel will be again the issue of the moment, to launch a double appeal.

Our first appeal is intended for the Israeli leaders, in order to remind them of the message in the JCall appeal: only the end of occupation and the creation of a Palestinian State will put an end to the conflict and will guarantee the future of Israel as a Jewish and democratic State. No promotion drive, no Eurovision victory will erase the images of the occupation and of a repression which could intensify even more when despair will drive thousands of Palestinians closer to the checkpoints between the West Bank and Israel in order to claim their State.

The second appeal is intended for President Macron, in order to ask him to have his government prepare a plan with the main European countries truly attached to Israel and its security, in case the ultimate deal the Trump Administration is currently preparing in Washington does fail—which will probably happen. This plan will have first and foremost to start by changing radically the situation in Gaza by calling for the return of the Palestinian Authority, for the end of the Israeli and Egyptian blockade, for the creation or a harbour, for the implementation of the neccessary security checks, for the reconstruction and rehabilitation of the region with the international and Arab help. All proposals to that effect have been known, studied and assessed for a long time. Time has come to implement them. Time has come to initiate in the Middle East a new momentum that will bring hope to the Palestinian and Israeli populations.


To continue to help all the people in Israel fighting to overcome the fears and the mutual distrusts and to restore hope for a different future in both populations we do need your support.

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JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, est une initiative de citoyens juifs européens et d'amis d'Israël favorables à la solution « 2 Etats pour 2 Peuples ».
Profondément attachés à l’existence et à la sécurité d’Israël, ils voient dans la poursuite de l’occupation en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est une menace pour l’identité de cet Etat.
Ils sont à l'origine de l'Appel à la Raison lancé au Parlement Européen le 3 mai 2010 et signé depuis par près de 8000 personnes dont Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, (...).

Voir le texte de l’appel et nos informations sur notre site : https://fr.jcall.eu/
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JCall, the European Jewish network for Israel and peace is an initiative of European Jewish citizens and friends of Israel in favor of the solution "two states for two peoples."
Deeply committed to the existence and security of Israel, they see the continuation of the occupation of the West Bank and Arab neighborhoods in East Jerusalem as a threat to the identity of that State.
They are at the origin of the Call to Reason launched at the European Parliament on May the 3rd 2010 and signed by nearly 8,000 people including Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Levy, (...).

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