La République face à un danger

Nous avons signé cette tribune avec d’autres associations avant le premier tour des élections présidentielles. Elle reste encore plus d’actualité pour le second tour. Pas un seul vote ne doit manquer à Emmanuel Macron, le seul candidat républicain encore en lice. Pas de vote blanc, ni d’abstention.

 

Un piège menace notre République : pour certains, la lutte contre le racisme mériterait de sacrifier la lutte contre l’antisémitisme et le sexisme. Si la République défendait un groupe contre un autre, préférait un combat pour l’égalité à un autre, elle pulvériserait par là-même l’idée d’égalité. Ainsi, se refermerait le piège : la République cesserait d’être la République.

A droite, le Front National entraîne dans son sillage une partie de la droite traditionnelle, autour de l’idée que le « grand remplacement » est à l’œuvre et que l’islam soumettra la République. Cette extrême-droite tente de faire oublier son histoire pour faire croire à des défenseurs honnêtes de la République, qu’ils ont un ennemi commun redoutable.

Refusons de toutes nos forces cette perspective funeste. Dénonçons la manœuvre par laquelle le FN se poserait en héraut des valeurs républicaines, alors qu’il tient un langage de peur et de haine. Préférence nationale et abandon du droit du sol sont omniprésents dans son programme. Or, ce qui fonde l’identité de la France, c’est sa capacité à faire partager à des populations venues d’horizons divers un idéal commun.

A notre gauche, des militants aveuglés par leurs engagements, tiers-mondiste, anti-impérialiste, anticapitaliste, anticolonialiste, anti-européen, anti-israélien, manifestent une certaine compréhension à l’égard d’un « antisémitisme des cités » et font de la « lutte contre l’islamophobie », l’alpha et l’oméga de l’antiracisme, n’hésitant plus à s’afficher avec des tenants de l’islam radical. A la gauche de la gauche, le mot « communautariste » ne renvoie plus aux Salafistes ou aux Frères musulmans mais désigne de manière obsessionnelle l’idée même d’une représentation « politique » des institutions juives de France.

La République à laquelle nous tenons est humaniste.  Malgré les difficultés que connaît notre pays, ne laissons pas passer les discours fallacieux et indignes. Fallacieux car les étrangers ne sont responsables ni du chômage, ni de la faible croissance. Indignes, car la valeur des hommes ne se mesure pas à leur nationalité.

La République à laquelle nous tenons est ouverte sur l’Europe et sur le monde.

La sortie de l’UE proposée par Marine Le Pen conduirait à la ruine des Français et de la France, ainsi qu’à la ruine de cette belle idée qui a consisté à unir d’anciens pays ennemis dans un projet de paix. Ce n’est pas en s’isolant que notre nation sera plus forte mais en se donnant les moyens de peser sur la marche du monde et en s’alliant avec ses voisins.

A l’heure du choix décisif pour notre pays, et pour nous-mêmes, rappelons que le Front National, s’il a changé de visage, n’a pas changé de nature. Il ne sera jamais le parti de la République. Le combattre et le battre sont notre priorité dans cette élection présidentielle.

Nous dénonçons, sans ambiguïté, les candidats de gauche qui peuvent partager certains de nos combats mais s’opposent à toute critique d’un islamisme politique.

Face au danger que représente Marine Le Pen, s’impose à tous le choix utile et réfléchi de soutenir ceux qui, partageant nos valeurs, sont en mesure de lui faire barrage.

Ce texte est co-signé par les douze organisations suivantes :

Beit Haverim, Centre Medem, Cercle Bernard LAZARE, Cercle Léon BLUM, Forum International pour la Paix, Habonim Dror, Hachomer Hatzaïr, JCall, La Paix Maintenant, Maison Itshak Rabin, Saut Jeune, Socialisme et Judaïsme.

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