Oulpana : des dérives qui entravent la solution à deux Etats et menacent la démocratie israélienne

Le 6 juin 2012, le Parlement israélien a rejeté par les voix de 69 députés contre 22, le texte d’une proposition de loi qui avait été soumise par le « lobby des implantations ». Les partisans des implantations entendaient réagir par là à une décision de la Cour suprême d’Israël datée du 7 mai, confirmant un précédent arrêt, qui oblige l’État à démolir avant le 1er juillet cinq maisons du quartier d’Oulpana, près de l’implantation de Beit El en Cisjordanie. Ces cinq maisons, où logent aujourd’hui 230 Israéliens, ont été construites sur des terres privées palestiniennes.

En substance, cette proposition de loi prévoyait, qu’en cas de construction sur des terres privées palestiniennes en Cisjordanie, le promoteur israélien se verrait reconnaître un droit de propriété sur ces terres dès lors qu’il affirmait « de bonne foi » pouvoir y prétendre. Devant le tollé international provoqué par cette législation destinée à « contourner la loi », le Premier ministre Benjamin Netanyahou a dû appeler les députés à voter contre elle, et a menacé ses ministres de les démettre de leurs fonctions s’ils soutenaient cette proposition lors du vote à la Knesset.

Mais, suite à l’abandon de la proposition de loi, le Premier ministre israélien s’est empressé de promettre de construire une cinquantaine d’autres maisons, ailleurs dans les territoires, pour chaque maison démolie ; et il s’est d’ores et déjà engagé à construire 851 unités de logement, dont 300 sur d’autres terres palestiniennes réquisitionnées pour « raisons de sécurité » à Beit El. De plus, les cinq maisons d’Oulpana ne seront pas détruites mais déplacées sur un autre terrain, pour un coût qui sera de loin supérieur à celui de leur reconstruction.

JCall se réjouit de l’abandon de la proposition de loi, mais condamne fermement la poursuite de la politique d’extension des implantations menée par le gouvernement israélien. Le gouvernement frappe ainsi l’ensemble des sociétés israélienne et palestinienne et, de ce fait, complique encore davantage la solution à deux Etats.

Par ailleurs, JCall condamne avec la plus grande fermeté les actes de vandalisme visant le village israélien de Névé Shalom, où cohabitent des familles israéliennes juives et arabes. En réaction à la décision de déplacer les maisons d’Oulpana, des individus se sont introduits de nuit dans ce village, symbole de la coexistence entre Juifs et Arabes en Israël, et ont commis un certain nombre de dégradations : pneus de voitures crevés, graffitis et insultes sur les murs, dommages au mobilier urbain. Il est temps que les Juifs de Diaspora se mobilisent contre de telles dérives, qui menacent la démocratie israélienne.

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